Actualisé 06.06.2011 à 15:55

Bactérie mortelle

La solution dans l'alimentation féminine?

La bactérie potentiellement mortelle qui préoccupe les autorités européenne pourrait bien provenir d'un aliment privilégié par les femmes.

Des femmes emportent des concombres déchargés gratuitement d'un camion dans le sud de l'Espagne le 3 juin.

Des femmes emportent des concombres déchargés gratuitement d'un camion dans le sud de l'Espagne le 3 juin.

L'origine de la bactérie qui a déjà fait 19 morts en Europe pourrait être un aliment particulièrement prisé des femmes, ces dernières étant davantage contaminées, a avancé vendredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

«C'est probablement quelque chose que les femmes préfèrent davantage que les hommes», a déclaré Andrea Ellis, épidémiologiste au département Surveillance des maladies d'origine alimentaire et zoonotique de l'OMS, en conférence de presse.

Elle répondait ainsi à une question sur les origines de la bactérie E.coli enterohémorragique (Eceh) et sur les raisons permettant d'expliquer pourquoi les femmes sont davantage contaminées.

Selon l'OMS, 12 pays ont déjà signalé des cas de contamination par cette bactérie qui provoque des hémorragies du système digestif et, dans les cas les plus graves, des troubles rénaux (syndrome hémolytique et urémique, SHU).

Plusieurs milliers de personnes touchées

Selon un comptage de l'AFP fondé sur les données publiées par les autorités nationales, plus de 2.000 personnes sont tombées malades depuis le début de cette épidémie. En Allemagne, les autorités ont enregistré 18 morts. Une 19e personne a perdu la vie en Suède.

Alors que la source et le mode de transmission de la bactérie restent un mystère, la Russie et le Liban ont interdit l'importation de légumes en provenance de tous les pays de l'Union européenne, qui a jugé ces mesures contraires aux règles du commerce international.

«L'OMS ne recommande pas d'instaurer des restrictions au commerce», a pour sa part, souligné à plusieurs reprises Mme Ellis.

Elle a par ailleurs expliqué qu'il existait une large documentation montrant que la contamination par E.coli peut se faire d'une personne à l'autre.

«La transmission d'une personne à une autre peut se produire lorsque leur hygiène est insuffisante», a-t-elle insisté, faisant valoir qu'il était important de se laver les mains.

La responsable de l'OMS a par ailleurs invité les populations à suivre les recommandations des autorités sanitaires nationales et locales concernées. Elle a toutefois indiqué que la prise de médicaments antidiarrhéiques n'était pas recommandée car elle ralentissait l'élimination de la toxine. (afp)

Et si les légumes n'étaient pas coupables?

Les analyses de laboratoires ne permettent pas de dire que des légumes sont à l'origine de l'infection par la bactérie tueuse, a indiqué vendredi un laboratoire de référence européen dont le siège se trouve à Rome auprès de l'Institut supérieur de la santé (ISS). «L'alarmisme envers la consommation des légumes est injustifié (...) car les analyses de laboratoire n'ont pas permis de soutenir l'hypothèse que des légumes contaminés étaient à l'origine de l'infection», affirme un communiqué du Laboratoire européen de référence pour l'Escherichia coli (Eceh).

«Les analyses réalisées sur des échantillons de concombres suspects (...) ont par ailleurs clarifié définitivement qu'ils n'étaient pas contaminés» par la bactérie tueuse, selon la même source. «Les normes d'hygiène habituelles concernant la sécurité alimentaire sont suffisantes pour éviter les infections», ajoute le laboratoire.

La bactérie tueuse a déjà fait 19 morts en Europe et provoqué des tensions commerciales dans et hors l'UE, mais sa propagation semblait stabiliée vendredi, selon des médecins allemands.

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