Actualisé 26.06.2008 à 14:58

La solvabilité des entreprises suisses se maintient

Les entreprises suisses sont restées aussi solvables l'an passé qu'en 2006, en dépit d'un contexte nettement dégradé à partir du second semestre.

Une amélioration sensible des profils de crédit n'est toutefois pas en vue, estime le Credit Suisse.

Présenté jeudi à Zurich, son manuel de crédit («Swiss corporate credit handbook») destiné aux investisseurs souligne que les résultats d'exploitation globalement positifs des sociétés présentes sur le marché des capitaux ainsi que leur retenue en matière d'investissements et d'acquisitions ont renforcé leurs profils de crédit.

Selon l'analyste du Credit Suisse Michael Gähler, les notations à la hausse et à la baisse se sont équilibrées sur les douze derniers mois: cinq entreprises ont vu leur rating grimper et cinq diminuer sur les 48 entreprises examinées.

Pour ABB, Forbo, Georg Fischer, Syngenta et Roche, la note a été révisée à la hausse, en raison de marges plus étoffées, du niveau de leur cash-flow, de leur position sur le marché ou encore d'une politique financière prudente.

Skyguide en tête

La meilleure note est revenue à Skyguide. La société responsable de la navigation aérienne en Suisse est la seule à décrocher un «AAA». Avec «AA élevé», Roche arrive en deuxième position des emprunteurs.

En revanche, Nestlé et Novartis ont vu leur notation reculer de deux crans à «AA moyen». La politique financière agressive des deux groupes a fait grimper leur niveau d'endettement, a expliqué M. Gähler.

Pour Nestlé, cet abaissement est lié au programme de rachat d'actions de plus de 25 milliards de francs et à ses acquisitions pour 11 milliards. Quant à Novartis, il paie la reprise majoritaire d'Alcon, la filiale de produits ophtalmologiques de Nestlé, pour 39 milliards de francs.

De même, UBS a perdu un niveau et reculé au 10e rang avec «AA faible», tandis que ses perspectives passaient de stables à négatives. Secoué par la crise du crédit, le numéro un bancaire helvétique a perdu en flexibilité financière, ses positions à risques sont encore très élevées et de nouvelles dépréciations menacent. En outre, la réorganisation de la banque d'investissement pourrait s'avérer plus ardue que prévu.

Pas d'amélioration attendue

Sur les douze prochains mois, les analystes tablent en moyenne sur une évolution stable à négative des ratings et ne prévoient donc pas d'amélioration massive des profils de crédit.

L'incertitude qui règne sur les marchés financiers, le fléchissement de la conjoncture américaine et l'atonie du dollar plombent les chiffres d'affaires de nombreuses entreprises. De plus, les bénéfices comparativement élevés des années précédentes devraient être difficiles à maintenir dans les conditions actuelles. (ats)

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