La «SonntagsZeitung» fête ses 20 ans. Contexte favorable pour la presse du dimanche

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La «SonntagsZeitung» fête ses 20 ans. Contexte favorable pour la presse du dimanche

Le journal dominical alémanique «SonntagsZeitung» fête ses 20 ans d'existence dans un contexte favorable: selon plusieurs experts, la presse du dimanche a en effet le vent en poupe.

La première «SonntagsZeitung» est sortie de presse le 11 janvier 1987 et comptait quatre cahiers, qui seront réédités ce dimanche à l'occasion du 20e anniversaire. Le tirage originel se montait à 86 000 exemplaires. Selon les chiffres certifiés pour 2005, il se monte désormais à 202 600 (pour 809 000 lecteurs).

Selon l'essayiste alémanique et spécialiste des médias Karl Lüönd, la presse du dimanche est un créneau «en pleine expansion». Le fait que ces titres aient réussi à s'imposer alors qu'ils doivent assurer un coûteux service de livraison à domicile est la marque de leur succès, a-t-il déclaré vendredi à l'ATS.

Karl Lüönd cite en outre les recettes publicitaires engrangées par les titres du dimanche l'an dernier: 73 millions de francs pour la «SonntagsZeitung», 58 millions pour le «SonntagsBlick» et 29,5 millions de francs pour la «NZZ am Sonntag». Interrogé en ce qui concerne le «Matin Dimanche», le groupe Edipresse répond ne pas donner ce genre d'informations.

«Triomphe de marketing»

Imposer un titre du dimanche est, pour Karl Lüönd, un «triomphe de marketing», car personne n'a besoin d'un journal ce jour-là sur la seule base de l'actualité. «Mais les éditions dominicales ont le vent en poupe, car les gens ont plus de temps pour lire ce jour- là», explique l'essayiste. Les informations non liées à l'actualité - éclairages, services, loisirs - ont ainsi séduit les lecteurs.

Professeur en science des médias, le Bernois Roger Blum renchérit en parlant du caractère de «magazine» de la presse dominicale. «Seul le sport est lié à l'actualité, dit-il. Tout le reste peut être lu plus ou moins n'importe quand.»

Autre modèle, récemment lancé, celui d'une septième édition d'un journal quotidien. C'est ce que tente la «Südostschweiz» depuis mai 2006. La «Mittellandzeitung» a un projet similaire.

Perte de lecteurs

Reste que la presse dominicale a enregistré une baisse en 2006. Le «Matin dimanche» a ainsi perdu 25 000 lecteurs, à 581 000 (pour un tirage de 215 000 exemplaires). En Suisse alémanique, la perte a été moindre et le «SonntagsBlick» caracole toujours en tête avec 997 000 lecteurs, devant la «SonntagsZeitung» et la «NZZ am Sonntag» (453 000), lancée en 2002.

Depuis la disparition de «dimanche.ch» en 2003, supprimé par le groupe Ringier après trois et demi d'existence, le «Matin Dimanche» occupe le monopole sur le marché de la presse du dimanche en Suisse romande.

Auparavant, le journal «La Suisse», qui avait une édition dominicale depuis 1913, avait disparu en 1994 et «Info-Dimanche» en 1999, après moins d'un an d'existence. Le «Nouveau Quotidien» avait démarré en 1991 avec un édition du dimanche, supprimée en 1993.

(ats)

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