Actualisé 06.05.2016 à 21:09

«Panama Papers»La source prédit une «révolution numérique»

La source des révélations des «Panama Papers» dresse un réquisitoire sévère contre l'inertie des politiques, de la justice et des médias contre les paradis fiscaux.

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Il y a un an éclatait le scandale des Panama Papers. Le point sur l'affaire. (Vendredi 31 mars 2017)

Il y a un an éclatait le scandale des Panama Papers. Le point sur l'affaire. (Vendredi 31 mars 2017)

AFP
Le Panama est «prêt à commencer» en 2018 l'échange automatique d'informations pour contrer la fraude fiscale internationale, a annoncé vendredi sa vice-présidente Isabel de Saint Malo (ici). Il demande à être retiré de la liste française des paradis fiscaux. (Image d'archive)

Le Panama est «prêt à commencer» en 2018 l'échange automatique d'informations pour contrer la fraude fiscale internationale, a annoncé vendredi sa vice-présidente Isabel de Saint Malo (ici). Il demande à être retiré de la liste française des paradis fiscaux. (Image d'archive)

AFP
Les actifs des banques basées au Panama ont dépassé en 2016 les 120 milliards de dollars, un montant record atteint en dépit du scandale des Panama Papers. (Jeudi 16 mars 2017)

Les actifs des banques basées au Panama ont dépassé en 2016 les 120 milliards de dollars, un montant record atteint en dépit du scandale des Panama Papers. (Jeudi 16 mars 2017)

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Rebaptisé «John Doe» pour préserver son anonymat, la source à l'origine du scandale sur l'évasion fiscale prédit une «révolution numérique» dans le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung vendredi. L'informateur s'exprime pour la première fois depuis l'éclatement de l'affaire en avril. Il promet sa «coopération» pour les «milliers de poursuites» qui pourraient découler du scandale, à condition que les «lanceurs d'alerte» se voient garantir «l'immunité contre les représailles gouvernementales».

«La prochaine révolution sera numérique. Ou peut-être a-t-elle déjà commencé», assure son long «manifeste» rédigé dans un anglais soutenu. Il affirme que «l'accès à l'information», très inégal mais bouleversé par Internet, est la clef d'un système capitaliste dévoyé «qui se rapproche davantage d'un esclavage économique».

Décision personnelle

Sa décision de livrer gratuitement à une centaine de médias 11,5 millions de documents du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca est «personnel(le)»: il s'est rendu compte «de l'ampleur des injustices» qu'ils dépeignent, explique-t-il, selon la traduction en français du quotidien Le Monde.

«Je ne travaille ni n'ai jamais travaillé pour un gouvernement ou un service de renseignement, ni directement ni en tant que consultant», se borne-t-il à préciser, ne livrant aucun indice sur sa nationalité, son identité ou ses fonctions.

Il accuse Mossack Fonseca d'avoir «usé de son influence pour écrire et tordre les lois partout dans le monde en faveur d'intérêts criminels pendant plusieurs décennies», protégeant par des sociétés-écrans, certes légales, «une large palette de crimes qui vont au-delà de l'évasion fiscale».

Echec des pouvoirs

Or «pendant 50 ans», les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire à travers le monde «ont totalement échoué à soigner les métastases des paradis fiscaux». Ils ont ciblé «les citoyens aux revenus bas et moyens» plutôt que les plus riches, poursuit-il.

Celui qui a choisi de confier ses révélations à la Süddeutsche Zeitung et au Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) s'en prend aussi aux médias. Il déplore le «manque de financements» du journalisme d'enquête et le désintérêt de grands médias à son encontre.

«Les rédacteurs en chef de plusieurs titres de presse majeurs ont pu consulter des documents issus des 'Panama papers' - même s'ils ont assuré le contraire. Ils ont choisi de ne pas les exploiter», révèle-t-il, ajoutant que «même Wikileaks n'a pas donné suite à de multiples sollicitations».

Les «Panama Papers» ont dévoilé l'utilisation à grande échelle de sociétés offshore permettant de placer des actifs dans des territoires opaques et à très faible fiscalité. Ils ont provoqué l'ouverture de nombreuses enquêtes dans le monde et conduit le Premier ministre islandais et un ministre espagnol à la démission. (ats)

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