Actualisé 26.10.2009 à 22:29

consommation

La SPA vaudoise vomit les cuisses de grenouille

Les amis des bêtes dénoncent le gaspillage causé par la consommation de ces batraciens.

de
Renaud Bournoud

Dans le cochon, tout est bon. Ce n'est pas le cas de la grenouille. Seules ses cuisses font le bonheur de certains gastronomes. La société vaudoise de protection des animaux (SVPA) en déduit que cela représente «un gaspillage choquant».

«La partie consommée représente moins de 20% du poids de l'animal», affirme Samuel Debrot, son président. La SVPA va donc lancer une campagne au buget de 180 000 fr. pour dénoncer cette «absurdité». Des affiches frappées du slogan «Un commerce inacceptable» vont faire leur appartition, début novembre, dans les villes vaudoises.

«Les produits agricoles locaux, comme le porc, sont dans la misère et on mange des grenouilles indonésiennes», peste Samuel Debrot. Sur les 152 896 kg de cuisses de grenouille importées en 2006 (derniers chiffres disponibles), 138 570 kg provenaient de l'archipel d'Asie du Sud-Est, selon l'Administration fédérale des douanes. Des tonnes de cuisses qui ne sont consommées que de ce côté-ci de la Sarine. «Elles appartiennent au patrimoine gastronomique de la Suisse romande», explique-t-on chez Migros, qui n'en vend que dans ses succursales romandes. Coop a banni le produit.

Michel Pahud, grossiste à Corcelles-sur-Chavornay, en écoule 5 à 6 mille kilos par années. Il relativise le «gaspillage»: «Il ne faut pas oublier que sur un bœuf entier, nous n'en mangeons que 50%», rappelle le boss de Promoviande. «Le débat est avant tout émotionnel, enchaîne Sylejman Gjoraj, patron du Cheval Blanc à Payerne, une brasserie spécialisée dans la grenouille. On ne parle jamais des moules, dont on ne mange pourtant pas grand-chose», s'étonne-t-il.

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