Suisse: La SSPA fait le ménage et exclut cinq membres
Actualisé

SuisseLa SSPA fait le ménage et exclut cinq membres

L'objectif est de créer un registre professionnel sur la base duquel sera réglementé l'accès au Palais fédéral.

Le conseiller national Didier Berberat (PS/NE) a déposé un projet pour faire accréditer les lobbyistes au Palais fédéral afin de limiter leur nombre.

Le conseiller national Didier Berberat (PS/NE) a déposé un projet pour faire accréditer les lobbyistes au Palais fédéral afin de limiter leur nombre.

photo: Keystone

La faîtière des lobbyistes fait le ménage dans ses rangs. Au nom de la transparence, la Société suisse de public affairs (SSPA) elle a exclu cinq membres qui refusaient de déclarer correctement leur mandat de lobbying.

«Au nom de l'équité et du bon sens, la représentation d'intérêts doit se faire manière transparente. Ce n'est qu'ainsi qu'il sera possible d'empêcher la corruption», justifie vendredi la SSPA dans un communiqué. L'objectif déclaré de l'association est de créer un registre professionnel sur la base duquel sera réglementé l'accès au Palais fédéral.

L'auto-déclaration est obligatoire pour tous les membres. Ces dernières semaines, le comité de la SSPA a procédé à une vérification systématique des déclarations. Il a exigé de vingt membres une actualisation des données d'ici fin juin et en a informé jeudi cinq de leur exclusion.

Pression du Parlement

Le pouvoir des lobbyistes sur l'administration et le Parlement fait régulièrement jaser et la pression en faveur d'une plus grande transparence augmente. Plusieurs initiatives parlementaires sont en cours de traitement. Un projet sera élaboré pour faire accréditer les lobbyistes au Palais fédéral afin de limiter leur nombre.

Le conseiller national Didier Berberat (PS/NE) l'a initié après la mésaventure vécue par Christa Markwalder (PLR/BE). La députée avait déposé en juin 2013 une intervention parlementaire sur les relations entre la Suisse et le Kazakhstan. Ce texte avait été rédigé par l'agence de relations publiques Burston-Marteller, mandatée par un parti qui se décrit comme faisant partie de l'opposition kazakhe, alors qu'il serait proche du pouvoir.

La conseillère nationale a été accusée d'avoir transmis des informations de commission parlementaire à une lobbyiste représentant les intérêts kazakhs. Des accusations dont elle a été blanchie depuis.

Pas d'unanimité à la SSPA

La SSPA a de son côté adopté un code et nommé une commission de déontologie en 2014. L'ancien préposé à la protection des données Hanspeter Thür a été nommé à sa tête en mars. Mais l'assemblée générale a préféré repousser d'un an la réforme de son règlement où la transparence sur les mandants est un des points qui font débat.

Les lobbyistes qui défendent les intérêts d'une entreprise se plient sans trop de mal à la nouvelle consigne. Mais la transparence est plus difficile pour des lobbyistes qui travaillent pour des agences, qui invoquent le secret des affaires comme la crainte de la concurrence. Ils avaient menacé de quitter l'organisation si un règlement trop restrictif était adopté. Son report a calmé le jeu. (nxp/ats)

(NewsXpress)

Ton opinion