Médias: La SSR clôt 2009 sur une nouvelle perte
Actualisé

MédiasLa SSR clôt 2009 sur une nouvelle perte

SSR SRG idée suisse a bouclé l'exercice 2009 sur une nouvelle perte, de 46,7 millions de francs.

Le déficit de SSR SRG idée suisse s'élève à 46,7 millions de francs.

Le déficit de SSR SRG idée suisse s'élève à 46,7 millions de francs.

Elle en appelle à nouveau au Conseil fédéral pour obtenir des moyens supplémentaires, sans quoi des chaînes devront passer à la trappe, ont répété ses dirigeants.

«Sur quatre ans, de 2007 à 2010, la somme des déficits devrait atteindre 220 millions de francs» a indiqué mardi devant la presse le président du conseil d'administration Jean-Bernard Münch. «Notre situation est sérieuse, elle mérite des mesures décidées, mais elle n'est certainement pas catastrophique», a-t-il toutefois relativisé.

Pour l'exercice en cours, la SSR s'attend à un nouveau déficit important dû aux grands événements comme les JO d'hiver ou la Coupe du monde de football. En 2008, le déficit avait atteint 79 millions de francs. La dernière fois que la SSR a présenté des comptes équilibrés remonte à 2005, selon son directeur des finances Daniel Jorio.

Meilleures perspectives pour la pub

La SSR a notamment souffert du recul de la publicité. Ses recettes ont reculé de près de 23 millions entre 2008 et 2009 (- 13%). Les perspectives s'annoncent toutefois meilleures pour 2010, a indiqué M. Jorio.

Il reste que, sans moyens supplémentaires, la SSR ne sera pas en mesure de contrôler son endettement, a averti le chef des finances. Et de préciser que l'entreprise a fait son possible avec les mesures d'économies décidées l'an dernier: gel des salaires et économies dans le domaine des bâtiment notamment. «Sans ces mesures, nous devrions demander le double des 54 millions de francs» par an soumis fin novembre au Conseil fédéral.

Sans un soutien financier du gouvernement pour 2011-2014, la SSR devra «abandonner des offres périphériques au service public», a répété M. Münch. Parmi celles-ci, la suppression d'»Option musique», en Suisse romande, est évoquée. Les responsables ne se sont pas étendus sur l'avenir de Swissinfo: celui-ci «dépend du Conseil fédéral et du parlement» qui en discutera cet automne.

Compenser l'exonération de la redevance

L'augmentation de la redevance n'est pas le seul moyen auquel peut recourir le Conseil fédéral, a précisé le directeur de la SSR Armin Walpen. Il pourrait par exemple assouplir le régime publicitaire de la SSR, notamment sur ses plateformes électroniques.

Côté redevance, celle-ci n'a pas été augmentée depuis 2000 et l'exonération des bénéficiaires de prestations complémentaires coûte 41 millions de francs par an, a répété le président du conseil d'administration. «Dans pratiquement tous les pays européens, l'exonération de la redevance est compensée par l'Etat», a-t-il relevé.

Convergence et résistances

Les managers de la SSR ont par ailleurs défendu leur projet de réorganisation, intitulé Convergence. Face à la multiplication des supports médiatiques et à l'information à la demande, «qu'on le veuille ou non, on doit s'adapter», a déclaré Armin Walpen. Pour ce faire, il s'agit d'»assurer la diversité avec moins de ressources», selon lui.

Ce «changement en profondeur», qui a abouti à la création de la RTS (RSR&TSR) et débouche sur le regroupement de rédactions, suscite des «craintes et des oppositions», a admis l'ancien directeur de la RSR Gérard Tschopp, désormais chef du projet. Et de qualifier ce dernier d'»incontournable, auquel nous serions fous, voire criminels de renoncer». «Ce n'est pas un projet d'économies mais de développement» pour coller aux nouvelles exigences du public, a-t-il insisté.

Rien n'a filtré en revanche sur la succession d'Armin Walpen qui quitte son poste de directeur général à la fin de l'année. Son successeur «au féminin ou au masculin» devrait être nommé le 18 mai prochain par l'assemblée des délégués de la SSR. (ats)

Ton opinion