Suisse: La SSR obtient plus de liberté sur Internet
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SuisseLa SSR obtient plus de liberté sur Internet

La SSR va pouvoir diffuser des sujets sans lien avec les émissions, mais à des conditions bien précises, de manière à ne pas empiéter sur le domaine des diffuseurs privés.

Comme annoncé à l'automne dernier, le Conseil fédéral a modifié mercredi la concession de la SSR. Selon lui, cette mesure doit renforcer le service public. Elle doit également enrayer la baisse de recettes de la Société suisse de radiodiffusion et de télévision (SSR), qui pourrait atteindre 25% d'ici à 2017.

La SSR veut depuis longtemps étoffer son offre sur Internet au grand dam des éditeurs privés. Les deux partenaires n'arrivant pas à s'entendre, le Conseil fédéral a tranché. La SSR n'aura toujours pas le droit de faire de la publicité en ligne. Mais elle pourra à certaines conditions compléter ses services sur la toile.

Pas question que la SSR propose un journal en ligne ressemblant à un produit de presse. L'offre en ligne doit proposer essentiellement des contenus audio et audiovisuels.

En lien avec les émissions

Trois quarts de tous les textes publiés devront avoir un lien temporel et thématique avec des contenus audiovisuels pas plus anciens que 30 jours. Le gouvernement fait ainsi un geste vers les médias privés dont l'organisation romande Médias suisses avait exigé une proportion de 80%. Le projet mis en consultation proposait 66%.

Il y a un lien direct avec une émission lorsque les contenus ne sont pas publiés sur le Net plus de 30 minutes avant la diffusion de l'émission. Contrairement à ce que demandaient les médias privés, les textes pourront être ajoutés après l'émission, sans délai précis. Le lien pourra par exemple prendre la forme d'une mention de l'émission.

Textes sans liens

La SSR pourra également proposer des contenus sans lien avec les émissions de radio ou de télévision. Mais lorsqu'ils portent sur l'actualité, le sport ou l'information locale et régionale, ils ne devront pas excéder 1000 signes (chapeau compris). Médias suisses n'a pas réussi à faire baisser cette limite à 600 signes.

Le projet donne enfin une plus grande marge de manoeuvre pour la diffusion d'événements en direct sur internet en réponse à une motion de la conseillère nationale Evi Allemann (PS/BE). Les sujets pourront être politiques, économiques, culturels (donc aussi religieux) et sportifs.

Les événements devront néanmoins avoir une portée significative au niveau national ou d'une région linguistique. Les autres diffusions originales continueront à devoir être annoncées au moins un mois à l'avance à l'Office fédéral de la communication. Le Conseil fédéral reconnaît ainsi la toile comme canal de diffusion à part entière, plus besoin que l'événement soit diffusé en parallèle sur une chaîne de télévision pour une retransmission en «live stream».

World Radio Switzerland

Enfin la SSR sera libérée de l'obligation de diffuser un programme radio en anglais dès fin août 2013. Elle pourra donc se séparer de World Radio Switzerland (WRS). Selon le Conseil fédéral, la station n'a pas réussi à atteindre le public anglophone en cinq ans d'activité. La SSR propose par ailleurs déjà une offre en anglais via la plateforme swissinfo.ch.

WRS pourra être transférée à une société privée, mais pas pour une fréquence FM, seulement pour diffusion sur le réseau numérique DAB , sur les réseaux câblés ou sur Internet.

Seule l'offre d'Anglo Media entre donc en ligne de compte. La SSR va lui céder WRS au 1er septembre. Le nouveau propriétaire doit engager en priorité les collaborateurs de WRS. Ceux qui ne pourront être repris bénéficieront du plan social SSR en vigueur.

Avec la nouvelle concession, le service public pourra mieux répondre aux besoins du public qui paie la redevance et qui se tourne toujours plus vers les offres en ligne, se réjouit la SSR. Les éditeurs sont globalement satisfaits. Le plus important était de barrer l'accès de la SSR à la publicité, a expliqué à l'ats le président de Schweizer Medien Hanspeter Lebrument. (ats)

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