Ski alpin: La «stat» hallucinante de Foss-Solevaag
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Ski alpinLa «stat» hallucinante de Foss-Solevaag

Le Norvégien n’a plus été éliminé depuis mars 2019 en slalom. Vainqueur à Flachau cette saison, le technicien de 29 ans a livré les clés de cette régularité. Il sera à surveiller ce dimanche aux Mondiaux.

par
Ugo Curty
(Cortina d'Ampezzo)
Le 26 janvier dernier, Foss Solevaag a signé la première victoire de sa carrière sous la neige de Flachau.

Le 26 janvier dernier, Foss Solevaag a signé la première victoire de sa carrière sous la neige de Flachau.

AFP

Le slalom masculin clôture en beauté les Mondiaux 2021 de Cortina d’Ampezzo ce dimanche (1re manche à 10h, 2e manche à 13h30). La discipline est la plus dense et disputée du circuit cette saison. Avec sept vainqueurs différents en neuf courses, les prétendants au titre mondial sont légion.

Le Norvégien Sebastian Foss-Solevaag est pourtant trop souvent oublié de cette liste des favoris. À 29 ans, le technicien est pourtant le plus régulier. Il a même fêté son premier succès en Coupe du monde il y a un mois à Flachau. Vainqueur de l’épreuve par équipes mercredi avec la Norvège, le métronome a livré quelques clés de sa réussite.

Si je vous parle du 17 mars 2019, ça vous dit quelque chose?

Ah, vous devez penser aux finales de la saison 2018-2019 de Coupe du monde en Andorre.

Oui c’est bien ça.

Alors, c’est la date du dernier slalom où j’ai été éliminé. Ça commence à faire un moment. Ces deux dernières ont été pas mal pour moi (rires).

«Je ne suis pas le meilleur slalomeur du monde mais le plus régulier.»

Sebastian Foss-Solevaag

Cela fait désormais 18 courses, et donc 36 manches, que vous n’êtes plus sorti, mais surtout que vous avez terminé à chaque fois dans le top 15. C’est fou, non?

Oui, mais tout a été planifié. Après mon élimination à Andorre, j’ai tout changé. J’ai travaillé fort durant l’été 2019. Le slalom est une discipline difficile où tout peut très vite basculer. Il me manquait de la confiance dans le portillon de départ. Cette conviction que j’avais la capacité de le faire.

Vous avez donc surtout travaillé sur le plan mental?

Oui, j’ai vu un psychologue du sport au centre olympique norvégien. Mais ce n’était pas vraiment un gros truc. Je vais boire un café deux ou trois fois par année là-bas (rires).

Qu’est-ce que vous avez changé depuis ce mois de mars 2019?

J’ai dû revoir mes attentes, me concentrer sur moi et pas sur les autres. Ce n’est pas une chose facile, surtout quand tu évolues à côté d’Henrik Kristoffersen (ndlr: son compatriote a remporté deux fois le globe du slalom, entre autres). Quand tu vois ses performances, tu as envie de pouvoir régater avec lui, d’être à son niveau. J’ai dû reculer pour mieux sauter. Accepter de déconstruire des choses à l’entraînement. Mais c’est un tout, on a aussi travaillé sur mon ski et mon matériel.

Étant donné votre régularité, est-ce qu’on peut dire que vous êtes le meilleur slalomeur du monde désormais?

(Rires) Pas le meilleur mais le plus régulier. À l’entraînement, je cherchais à toujours finir mes manches. Quoiqu’il arrive. Cela peut paraître futile, mais tu apprends à ton cerveau que tu vas franchir la ligne à chaque fois.

Vous l’avez évoqué, mais si on parle d’un slalomeur norvégien, le grand public va penser à Henrik Kristoffersen. Cela vous dérange d’être dans son ombre?

Pas du tout. C’est normal: il a plus de victoires et un grand palmarès. Ce sera toujours le favori entre lui et moi. En fait, j’aime cela. Je peux faire les choses de mon côté. Depuis cette saison, les gens savent aussi que je peux gagner.

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