Zurich: La Street Parade continue, sous conditions

Actualisé

ZurichLa Street Parade continue, sous conditions

Les organisateurs de la Street Parade zurichoise peuvent respirer. Après avoir menacé de l'interdire, la municipalité de Zurich a donné une autorisation de principe pour les trois prochaines années.

Les éditions de ces dernières années avaient été entachées par des bagarres de plus en plus fréquentes et violentes, et des excès d'alcool et de drogue en hausse. L'an passé, la Street Parade a été en outre marquée par le meurtre d'un apprenti de 18 ans, tué à coups de couteau par un autre jeune de 17 ans - condamné début novembre à quatre ans de privation de liberté.

Ça suffit, a dit en mai dernier Esther Maurer, municipale en charge de la police. La socialiste a imposé des restrictions sévères à l'édition d'août 2008 et menacé d'interdire la manifestation à l'avenir s'il n'y avait pas de renversement de tendance.

«Ça continue»

«Bien sûr, ça continue», a déclaré Mme Maurer mercredi devant les médias. L'analyse des statistiques (délits, soins) montre qu'il y a eu un tournant décisif, dû essentiellement aux limitations imposées aux organisateurs et aux restaurateurs, selon la responsable de la police.

Ces conditions seront donc maintenues à l'avenir, et en tout cas pour les trois prochaines éditions, de 2009 à 2011, pour lesquelles la municipalité a donné son autorisation de principe.

Les tenanciers du centre ville ne pourront pas installer des bars et des hauts-parleurs dans la rue, leurs portes et fenêtres devront rester fermées, et l'heure de police ne sera levée qu'à l'intérieur des établissements. De leur côté, les organisateurs s'engagent à poursuivre leur programme de prévention.

Délits en baisse

Chiffres à l'appui, il semble que ces mesures ont porté leurs fruits en 2008. Alors qu'en 2007, on dénombrait 31 bagarres avec blessures corporelles, il n'y en a eu que 11 l'an passé. Le nombre d'échauffourées avec voies de fait a baissé de 13 à 7.

Les services de secours ont aussi été moins occupés. Ils ont pris en charge 204 personnes sous l'influence de l'alcool ou de drogues (271 en 2007). Au total, 641 personnes ont reçu des soins (911 en 2007), dont 64 ont dû être hospitalisées (135).

Réticents au départ face aux restrictions imposées par la municipalité, les organisateurs ont exprimé leur satisfaction mercredi. «Avec le soutien de la ville, nous pouvons de nouveau planifier à plus long terme et développer des visions», a dit le président Joel Meier, invité pour la première fois à une conférence de presse commune avec la municipalité.

En revanche, c'est plutôt la grogne du côté des tenanciers du centre ville. Ceux qui ont dû renoncer aux bars à l'extérieur ont vu leurs recettes chuter de 50 %, selon une enquête.

(ats)

Ton opinion