Actualisé 10.01.2012 à 19:14

Affaire HildebrandLa succession d'Hildebrand s'organise

Le Conseil de banque de la BNS s'est réuni mardi pour trouver un remplaçant au patron démissionnaire.

Le conseiller d'Etat neuchâtelois, Jean Studer, fait partie de la commission qui choisira les candidats.

Le conseiller d'Etat neuchâtelois, Jean Studer, fait partie de la commission qui choisira les candidats.

Au lendemain de la démission du président de la Banque nationale suisse (BNS) Philipp Hildebrand, le Conseil de banque s'est réuni en vue d'organiser la succession, a indiqué mardi un porte-parole de la banque à l'ats. La commission de nomination est chargée de rechercher des candidats.

Elle est composée du président du Conseil de banque Hansueli Raggenbass, du professeur genevois d'économie Cédric Tille et du conseiller d'Etat neuchâtelois Jean Studer, a précisé le porte-parole, Walter Meier. Le Conseil de banque, qui compte onze personnes, recommandera un candidat au Conseil fédéral.

Compétences du Conseil fédéral

Le gouvernement est compétent pour choisir les trois membres du Directoire de la Banque nationale suisse, mais ce faisant il ne peut que suivre ou rejeter la recommandation du Conseil de banque. Il est en revanche libre de décider, parmi les trois, qui il nommera président et vice-président.

Le président par intérim Thomas Jordan, le directeur Jean-Pierre Danthine ou même le successeur de Philipp Hildebrand au sein du Directoire peuvent donc être élus. Selon Walter Meier, il n'est pas encore certain que le Conseil de banque communique d'autres informations déjà mardi.

Le porte-parole n'a par ailleurs pas désiré faire de commentaire quant à l'affirmation de plusieurs médias déclarant que le Conseil de banque aurait forcé Philipp Hildebrand à démissionner.

CEP peu probable

Au lendemain de la démission du président de la BNS Philipp Hildebrand, les voix réclamant une commission d'enquête parlementaire (CEP) se multiplient, y compris hors de l'UDC. Il est toutefois peu probable qu'une telle commission voit le jour.

Les motifs sont en effet par trop dissemblables pour qu'une majorité puisse se mettre d'accord sur le mandat à attribuer à une commission d'enquête. Le vice-président de l'UDC Christoph Blocher, à l'origine de l'affaire, a demandé la semaine passée déjà la mise sur pied d'une CEP qui se penche sur les événements à l'interne de la BNS et en particulier sur le rôle du Conseil de banque.

Ce n'est pas nécessaire, estime le président du PBD Hans Grunder, interrogé par l'ats. Pour le conseiller aux Etats soleurois et membre de la Commission de gestion (CdG) Roberto Zanetti également, tout a été dit à ce niveau-là: «soit on croit Hildebrand, soit on ne le croit pas».

«Enquêter sur la campagne contre Hildebrand»

Le socialiste n'exclut pas en revanche une CEP sur les «aspects médiatiques et politiques de l'affaire»: il souhaite savoir «ce qui s'est passé par derrière».

La conseillère nationale Susanne Leutenegger Oberholzer (PS/BL) estime elle aussi que son groupe parlementaire soutiendrait une CEP chargée de faire la lumière sur la campagne contre le banquier.

Sa collègue au National Ida Glanzmann-Hunkeler (PDC/LU), également membre de la CdG, va dans le même sens. Pour elle, des investigations sur les processus internes de la BNS n'ont aucun sens. «S'il faut une CEP, alors elle doit enquêter sur la campagne contre Hildebrand», dit-elle.

Lundi, à l'issue de l'audition de Philipp Hildebrand par la commission de l'économie du National, son président Christophe Darbellay (PDC/VS) avait déclaré à la presse qu'une CEP avait été évoquée, sans suite. Il s'exprimait alors que la commission n'avait pas encore examiné en détail les échanges de courriels entre M. Hildebrand et son conseiller financier.

Session extraordinaire

L'éclaircissement politique de l'affaire devrait donc se limiter à une session parlementaire extraordinaire. Une telle session a lieu lorsqu'elle est demandée par au moins un quart des membres d'une chambre et l'UDC a suffisamment de conseillers nationaux pour en exiger une.

Le parti souhaite en outre que le débat ait lieu le plus rapidement possible. La session extraordinaire pourrait donc avoir lieu en mars, dans le cadre de la session de printemps. Ce sont toutefois aux Bureaux des conseils d'en décider.

(ats)

Les enquêtes se sont basées sur des informations incomplètes

Le Contrôle fédéral des finances et PricewaterhouseCooper (PwC), l'organe de révision mandaté par la Banque nationale suisse (BNS), ont défendu mardi l'enquête qu'ils ont menée sur les transactions controversées de la famille Hildebrand. Ils n'avaient pas tous les éléments en main.

«Nos enquêtes se basent sur les documents que la BNS nous a transmis le 16 décembre. Les dernières pièces n'en faisaient pas partie», a déclaré Claudia Sautter, de PwC Suisse, à la radio alémanique DRS.

Elle faisait référence à un courrier électronique, daté du 16 août, du conseiller financier de Philipp Hildebrand à la banque Sarasin. Ce dernier y affirme que l'ex-patron de la BNS lui avait donné son feu vert avant la transaction controversée.

«Je me rappelle aussi que vous avez dit dans notre conversation d'hier que si Kashya veut augmenter l'exposition en dollars, alors c'était bon pour vous», avait écrit le conseiller financier dans cet e-mail.

Conclusions différentes

Kurt Grüter, le directeur du Contrôle fédéral des finances, a lui aussi affirmé que ses services n'avaient pas disposé de cet email lors de leurs investigations. L'eussent-ils lu, leur rapport au Conseil fédéral aurait été quelque peu différent.

«Nous aurions informé le gouvernement que cette transaction était conforme au règlement, mais aussi que M. Hildebrand ne la considérait peut-être pas suffisamment comme sensible», a-t-il dit. Il regrette en outre que les enquêteurs n'aient pas interrogé le directeur de la BNS personnellement. C'est la banque centrale, et pas M. Hildebrand, qui a empêché la tenue d'une telle rencontre.

Dans leur rapport publié le 21 décembre, PwC et le Contrôle fédéral des finances ont estimé qu'il n'y a pas eu d'abus d'informations privilégiées par Kashya Hildebrand, l'épouse de Philipp Hildebrand. Les enquêteurs ont disposé d'un accès illimité et complet aux transactions bancaires de l'année 2011.

La BNS ne savait rien

La BNS n'avait pas non plus accès au courrier électronique contesté, a déclaré son porte-parole Walter Meier, confirmant des informations de la DRS. Philipp Hildebrand ne l'avait pas montré à la banque centrale. Celle-ci n'a cherché et trouvé ce courriel qu'après qu'il a été mentionné par la banque Sarasin, a-t-il dit.

L'avis initialement rendu par le directeur du service juridique de la BNS, selon lequel la transaction ne posait aucun problème, s'est ainsi basé sur des informations incomplètes, ajoute-t-il.

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