Actualisé 14.10.2012 à 08:17

Avions de combat

La Suède et Saab unis pour satisfaire la Suisse

La Suède veut s'associer avec Saab pour assurer la fabrication de 22 appareils que la Suisse veut acheter.

L'Etat suédois veut conclure cette année des contrats avec Saab, le constructeur des avions de combat Gripen. Ils doivent notamment assurer le développement et la fabrication des 22 appareils que la Suisse veut acheter.

Dès que le Parlement suédois aura adopté le programme d'armement, un premier contrat doit être conclu entre l'agence gouvernementale FXM et Saab, a dit samedi Peter Minder, porte-parole du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS). Il confirmait une information de la «Neue Zürcher Zeitung».

Le Parlement suédois se prononcera probablement durant la deuxième semaine de décembre sur le programme d'armement. Si ce dernier est accepté, le premier contrat devrait être valable début 2013 déjà. Celui-ci portera sur le développement du Gripen monoplace de type E, a indiqué M. Minder. Mi-2013 suivra un deuxième contrat concernant la production en série.

Ces deux documents ne porteront pas uniquement sur les avions de combat que la Suède veut acquérir pour elle-même, mais aussi sur ceux que la Suisse veut acheter. Le centre fédéral d'armement armasuisse ne conclura pour sa part avec Saab qu'un contrat portant sur les affaires compensatoires.

Accord-cadre

Selon l'accord-cadre conclu par la Suisse avec la Suède pour l'achat des Gripen, la responsabilité incombe à l'Etat suédois, a rappelé le porte-parole du DDPS. Dans ce document, le pays scandinave garantit à la Confédération la livraison de 22 Gripen pour le prix fixe de 3,126 milliards de francs.

Malgré les garanties étatiques de la Suède, l'acquisition des Gripen n'en finit pas de soulever des critiques. Certains politiciens spécialisés en matière de sécurité soulignent qu'en cas de violation de l'accord, il n'existe aucune possibilité de sanctions. D'aucuns critiquent aussi le fait que l'accord-cadre n'a pas encore été publié intégralement et que les chiffres concernant le prix n'ont pas encore été montrés noir sur blanc.

Le Conseil fédéral devrait formellement soumettre sa proposition de programme d'armement au Parlement début novembre. Il est agendé au printemps à la Chambre des cantons puis en juin au National.

Amendes conventionnelles prévues

«Les contrats prévus avec Saab règlent les modalités auxquelles doit se soumettre le fabricant, y compris les éventuelles amendes conventionnelles», a précisé Lennart Sindahl, vice-directeur de Saab, dans une interview publiée par la «NZZ am Sonntag». Mais le contenu de tels contrats reste généralement secret.

S'agissant des affaires compensatoires, M. Sindahl affirme: «Nous avons jusqu'à présent toujours respecté les exigences des autres Etats et nous le ferons aussi avec la Suisse». Cela reste possible, même si l'assemblage final des avions ne sera pas réalisé en Suisse comme prévu initialement. M. Sindahl croit aussi à «des relations d'affaires à long terme qui dépasseront le volume exigé».

Le vice-directeur de Saab relève encore que des affaires compensatoires de 200 millions de francs ont déjà été réalisées. L'entreprise a ainsi déjà atteint presque 10% des 2,2 milliards prévus. «Bien qu'il n'existe pas encore de contrat valable», note M. Sindahl.

Le dirigeant ajoute que le Gripen E est un nouvel avion développé sur la base de modèles éprouvés. «Des parties importantes comme le réacteur, le radar et l'armement sont nouvelles». Cet avion ne sera certes pas le plus rapide ni le plus puissant, reconnaît Lennart Sindahl, mais le plus moderne.

(ats)

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