Diplomatie: La Suède reconnaît l'Etat de Palestine
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DiplomatieLa Suède reconnaît l'Etat de Palestine

La cheffe de la diplomatie suédoise a annoncé que son gouvernement reconnaissait jeudi par décret l'Etat de Palestine.

La Suède est devenue le premier pays membre de l'Union européenne (UE) à reconnaître l'Etat de Palestine. Cette initiative a été saluée par le président palestinien Mahmoud Abbas comme «courageuse et historique» mais considérée «malheureuse» par Israël.

Dans un communiqué, le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, évoque «une décision malheureuse, qui renforce les éléments extrémistes et la politique de refus des Palestiniens». «Les relations au Moyen-Orient sont bien plus complexes que d'assembler un meuble IKEA», ajoute-t-il. Israël a presque aussitôt rappelé son ambassadeur à Stockholm.

L'annonce de cette reconnaissance début octobre par le nouveau gouvernement social-démocrate avait été accueillie avec scepticisme par les Etats-Unis qui la jugeaient «prématurée».

«Plutôt trop tard que trop tôt»

«Le gouvernement considère que les critères de droit international pour une reconnaissance de l'Etat de Palestine sont remplis: il y a un territoire, une population et un gouvernement, a déclaré la cheffe de la diplomatie suédoise Margot Wallström lors d'une conférence de presse. «J'ai peur que (cette décision) vienne plutôt trop tard que trop tôt», dit-elle.

«Nous ne prenons pas partie. Nous nous mettons du côté du processus de paix», a affirmé Mme Wallström. «J'espère que cela va être reçu par Israël de manière équilibrée et constructive».

La Suède, qui compte une importante communauté palestinienne, a pris cette initiative à un moment où les efforts déployés depuis des décennies pour tenter de résoudre le conflit israélo-palestinien semblent dans une impasse complète. Les capitales occidentales se demandent comment en sortir et la frustration des dirigeants palestiniens est proche de son comble.

Le président palestinien a mis cette reconnaissance en relation avec les tensions auxquelles Jérusalem est en proie actuellement. «Cette décision est une réponse aux mesures prises par Israël à Jérusalem», a-t-il dit. «M. Abbas demande à tous les Etats dans le monde qui hésitent encore à reconnaître notre droit à un Etat palestinien indépendant sur les frontières de 1967 et ayant Jérusalem-Est comme capitale à suivre l'exemple de la Suède», selon son porte-parole.

Qui va suivre le pas suédois?

Dans le courant du mois d'octobre, le projet de reconnaissance de l'Etat palestinien a été symboliquement débattu par la Grande-Bretagne et envisagé «le moment venu» par la France. «Nous voulons montrer la voie», a expliqué la cheffe de la diplomatie suédoise.

«C'est vraiment difficile de dire combien de pays vont effectivement sauter le pas et suivre la Suède», estime Michaël Schulz, chercheur à l'université de Göteborg et spécialiste des conflits.

«Quant à l'Union européenne, pour qu'elle reconnaisse la Palestine, il faudrait que tous les Etats-membres soient d'accord, ça devient donc peu probable», poursuit-il, estimant qu'à court terme la décision de Stockholm «ne devrait pas changer grand-chose».

L'initiative suédoise «a un effet diplomatique qui peut éventuellement faire boule de neige», considère pour sa part le professeur de droit international Ove Bring, interrogé par l'agence suédoise TT. «Politiquement, c'est un succès psychologique pour la Palestine et ceux qui soutiennent une solution à deux Etats», conclut-il.

Entre 113 et 135 pays reconnaissent déjà

Quelque 135 pays dans le monde ont reconnu la Palestine, selon l'Autorité palestinienne, dont sept membres de l'UE qui l'auraient reconnue avant leur rentrée dans l'UE: la République tchèque, la Hongrie, la Pologne, la Bulgarie, la Roumanie, Malte et Chypre. Selon un décompte de l'AFP, au moins 113 pays ont reconnu l'État de Palestine.

«L'UE a déjà dit par le passé qu'elle reconnaitra (la Palestine) le moment venu, mais ceci fait partie de la compétence des Etats membres», souligne une porte-parole du service extérieur de l'UE, Maja Kocijancic. La Suisse a indiqué qu'elle «décidera souverainement de la question de la reconnaissance bilatérale au moment où elle le jugera opportun», selon le DFAE.

La Suède a par ailleurs décidé d'augmenter le montant de son aide bilatérale à la Palestine de 500 millions de couronnes (65 millions de francs environ). Ce programme d'aide sur cinq ans s'élève désormais à 1,5 milliard de couronnes. La Suède a un consulat-général à Jérusalem. (ats/afp)

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