Economie: La Suisse, 4e pays le plus compétitif du monde
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EconomieLa Suisse, 4e pays le plus compétitif du monde

La Suisse maintient sa compétitivité et conserve le quatrième rang dans le classement international de l'IMD qui porte sur 57 Etats.

Les experts lausannois appellent pourtant à la prudence: le pays est entré plus tard que les autres en récession.

Depuis l'automne, un sérieux coup de frein dans l'attractivité de la Suisse s'est fait sentir, relève l'Institute for Management Development (IMD) dans un commentaire publié mardi. Et de préciser que le flux d'investissements est passé de 12% du produit intérieur brut (PIB) en 2007 à 3% l'an dernier.

Infrastructures solides

De plus, la balance des comptes courants helvétique s'est contractée et la croissance des exportations va chuter cette année, rappelle l'IMD dans son classement 2009. Le marché de l'emploi se détériore et la consommation, stable jusqu'ici, va s'affaiblir ces prochains mois.

Quatre aspects sont pris en compte: la performance économique, l'efficacité du gouvernement, l'efficacité des entreprises et la qualité des infrastructures. Pour deux tiers des 331 critères, l'IMD se base sur des éléments statistiques, le reste étant tiré d'une enquête d'opinion.

Classée derrière les Etats-Unis, Hong Kong (2e) et Singapour (3e), la Suisse assure sa compétitivité dans d'autres domaines que la seule croissance du PIB, assure l'institut lausannois. L'efficacité du gouvernement (3e place) ou les infrastructures (4e) continuent d'être bien notées.

Confiance renouvelée

Pour l'IMD, la situation helvétique est celle d'un pays à la performance économique en baisse, mais qui dispose de «murs porteurs en béton.»

Cette année, les décideurs ont renouvelé leur confiance dans la Suisse, mais ils sont plus pessimistes, note l'institut. La question de la résilience de l'économie face aux cycles conjoncturels passe du 3e au 9e rang: les sondés pensent que les mesures structurelles mettront du temps à porter leurs fruits.

La Suisse reste toutefois bien placée sur le plan de l'imposition des personnes physiques (5e position) et morales (6e). La performance des petites et moyennes entreprises (PME) caracole à la première place aux yeux des décideurs.

Résistance en question

Les relations de travail sont productives (2e place) et la faculté d'attirer de la main d'oeuvre étrangère qualifiée est appréciée (1ère). Des cadres dotés d'une expérience internationale (1ère) et des entreprises capables de s'adapter au marché (6e) confirment également des conditions de travail uniques.

En conclusion, l'institut pose la question de la résistance de la Suisse, dont la stabilité est solidement ancrée, face à la crise. Le pays devrait s'exposer à une croissance molle ces prochaines années et doit restaurer la confiance.

Pour l'IMD, qui publie son classement chaque année depuis 1989, la Suisse peut miser sur de hautes compétences financières disponibles, où elle se place au 2e rang, ainsi que de services bancaires reconnus (7e).

A noter encore la progression des pays nordiques dans le classement de l'IMD. Au 5e rang mondial, le Danemark gagne une place tandis que la Suède (6e) en gagne trois. La Finlande remonte pour sa part de la 15e à la 9e position.

D'autres pays accusent en revanche un fort recul de compétitivité d'une année à l'autre. Le Luxembourg rétrograde ainsi du 5e au 12e rang et l'Irlande recule de la 12e à la 19e place. La Chine passe elle du 17e au 20e rang, alors que le Japon remonte de la 22e à la 17e position. (ats)

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