Affaire Kadhafi: La Suisse a besoin d'une «implication internationale»
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Affaire KadhafiLa Suisse a besoin d'une «implication internationale»

«Tant que le gouvernement libyen ne verra pas d'implication internationale dans l'affaire des otages suisses, il ne cherchera pas à la résoudre», pense Ashraf El-Hojouj, médecin palestinien retenu plus de 8 ans dans les geôles libyennes avec cinq infirmières bulgares.

«Il faut que les citoyens suisses se mobilisent pour montrer leur indignation», estime M. El-Hojouj dans un entretien diffusé mercredi par «l'Illustré». Mais il faut aussi «arriver à fédérer des soutiens internationaux et en même temps ouvrir une action contre le régime libyen devant la cour internationale».

«Pour moi, il en va de la responsabilité morale de l'Europe de soutenir la Suisse», ajoute le médecin. Accusé avec les infirmières bulgares d'avoir inoculé le sida à des enfants libyens, il a été condamné trois fois à mort par la justice libyenne. Tous ont finalement été libéré en juillet 2007, grâce notamment à la pression de l'Union européenne.

«C'est le soutien de la communauté internationale qui nous a donné espoir. Un soutien qui, étrangement, manque dans le cas de vos concitoyens», insiste le Palestinien, 39 ans, qui vit désormais aux Pays-Bas où il tente «de se reconstruire».

«Kadhafi veut sa revanche sur l'Europe»

«Kadhafi bafoue les droits de l'homme et toutes les règles internationales» tout en étant officiellement reconnu par la communauté internationale. Il «s'en fiche de garder les otages deux ou trois ans de plus», il «veut sa revanche sur l'Europe», analyse Ashraf El-Hojouj.

Concernant l'impact de la votation antiminarets sur l'affaire des otages: «Kadhafi utilise et manipule tout, particulièrement la religion. Dans notre cas aussi, il disait que c'était une guerre du christianisme contre l'islam».

La décision de Berne de stopper la normalisation avec la Libye était toutefois la bonne, bien qu'un peu tardive, estime le médecin palestinien. «J'enjoins tous les pays européens à faire de même», ajoute-t-il.

«Je crois sincèrement que la situation de vos deux compatriotes va bientôt s'arranger. Le fait qu'ils aient été jugés montre que la Libye cherche une fin honorable à ce conflit», conclut-il.

(ats)

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