Actualisé

Affaire PolanskiLa Suisse a mis les pieds dans le plat

La Suisse a reconnu mercredi avoir contacté elle-même les Etats-Unis après avoir eu connaissance de l'arrivée prévue en Suisse du cinéaste franco-polonais Roman Polanski, pour leur demander si leur mandat d'extradition émis en 2005 était toujours valable.

«Lorsqu'en septembre nous avons reçu des informations selon lesquelles M. Polanski devait se rendre à Zurich (centre), nous avons écrit aux autorités américaines pour savoir si le mandat était toujours valable pour éviter une arrestation inutile», a expliqué à l'AFP le porte-parole de l'Office fédéral de la justice (ministère) Folco Galli.

«Cela a été confirmé et les autorités américaines nous ont envoyé le mandat (d'arrêt en vue d'extradition, ndlr) deux jours plus tard», a-t-il ajouté confirmant des informations de presse.

«Nous n'avons jamais cherché à le cacher. Nous n'avons fait que notre devoir», a insisté M. Galli.

Toutefois, les autorités suisses s'étaient jusqu'à présent bien gardées d'indiquer qu'elles avaient elles-mêmes interpellé les Etats-Unis, laissant entendre le contraire.

«Depuis fin 2005, les autorités américaines recherchent activement Roman Polanski partout dans le monde» pour «des actes d'ordre sexuel avec des enfants, notamment un cas de 1977 avec une mineure de 13 ans à Los Angeles», avaient-elles simplement expliqué juste après l'arrestation le 26 septembre à Zurich du réalisateur oscarisé, qui devait participer à un festival de film.

Quant à savoir pourquoi la Suisse a répondu au bout de quatre ans au mandat américain de 2005 alors que Roman Polanski possède un chalet à Gstaad (centre) où il se rend régulièrement, le porte-parole s'est montré plus évasif.

«Avant, nous ne savions pas quand il arrivait en Suisse. Nous n'avions pas d'indication sur sa présence», a-t-il argué.

Mais de nombreux hommes politiques suisses ainsi que la presse n'ont pas hésité à mettre en relation cette arrestation avec les déboires récents de la Confédération aux Etats-Unis où la banque UBS a été contrainte de livrer les noms de 4.450 clients soupçonnés d'évasion fiscale.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!