La Suisse a son rôle à jouer sur la sécurité internationale
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La Suisse a son rôle à jouer sur la sécurité internationale

La Suisse a un rôle à jouer sur la sécurité internationale face aux nouvelles menaces.

Elle mise sur la formation et pourrait augmenter sa participation dans des activités militaires à l'étranger si les conditions le permettent, malgré quelques obstacles.

Dans un entretien accordé à l'ATS lors de la réunion annuelle à Genève de l'Institut international d'études stratégiques (IISS) de Londres, le professeur de l'Université de Harvard Joseph Nye estime que la Suisse pourrait avoir un intérêt à s'impliquer davantage encore sur la scène internationale.

Les «menaces transnationales» comme le terrorisme, les pandémies ou les changements climatiques doivent la pousser à s'investir au sein de l'ONU et à renforcer ses liens avec des partenaires comme l'Union européenne (UE), ajoute l'ancien secrétaire américain adjoint à la défense.

«Nous nous engageons dans les Nations Unies», rétorque dans un entretien à l'ATS l'ambassadeur Raimund Kunz, directeur de la politique de sécurité au Département fédéral de la défense (DDPS), en accord toutefois avec l'analyse de M. Nye sur les nouvelles menaces.

Coopération

Et la Suisse s'engage dans le Partenariat de la Paix, organe qui réunit une vingtaine d'Etats non membres de l'OTAN. C'est un instrument qui permet à la Suisse d'avoir des échanges avec de nombreux pays, explique encore M. Kunz.

Ces dernières années, la politique de sécurité de la Confédération a mis l'accent sur la «sécurité par la coopération». Et la Suisse pourrait s'impliquer davantage dans des activités militaires du type de celles du Kosovo «si les conditions politiques, juridiques et en terme d'hommes et d'équipement le permettent», selon M. Kunz.

«Notre structure de milice et notre tradition de politique étrangère sont toutefois des obstacles», reconnaît le responsable. Mais la structure de milice ouvre en revanche des possibilités pour des opérations logistiques ou civiles pour établir des institutions de justice et de police qui fonctionnent dans les Etats en transition démocratique.

Plateforme de réflexion

Le Centre pour le contrôle démocratique des forces armées (DCAF) s'investit aussi dans ce domaine. «La réponse militaire permet de gagner la guerre, mais pas la paix», fait remarquer le directeur du DCAF, l'ambassadeur Theodor Winkler.

Le directeur de la direction du développement et de la coopération (DDC), Walter Fust, est lui à l'origine d'un «Projet 3D», qui lie défense, diplomatie et développement.

Mais l'un des axes majeurs de la contribution de la Suisse à la sécurité internationale reste la formation de responsables et les centres de réflexion. La réunion de l'IISS montre l'importance de la cité de Calvin comme «plateforme de réflexion», se réjouit M. Kunz.

Sécurité individuelle

La Suisse finance trois institutions basées à Genève dans ce domaine, le DCAF, le Centre de politique de sécurité de Genève (GCSP) et le Centre de déminage humanitaire, ainsi que des programmes à HEI. Genève devient la ville du «soft power», le pouvoir des idées par opposition à la force militaire, déclare l'ambassadeur Fred Tanner, directeur du GCSP.

Sur ces questions, la sensibilisation de la population helvétique pose un autre défi. Les Suisses sont plus sensibles à leur sécurité «individuelle, sociale et sont inquiets sur l'immigration. C'est naturel, mais il faut faire prendre conscience aux gens que leur sécurité dépend d'un environnement international plus sûr», conclut M. Kunz.

SDA/ATS

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