Coronavirus - La Suisse a-t-elle supprimé des places en soins intensifs?
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CoronavirusLa Suisse a-t-elle supprimé des places en soins intensifs?

Notre pays compte 728 lits de soins intensifs de moins que lors de la première vague de Covid-19. De quoi poser des questions.

Du personnel de pointe est nécessaire pour faire fonctionner une unité de soins intensifs.

Du personnel de pointe est nécessaire pour faire fonctionner une unité de soins intensifs.

20min/François Melillo

«Nous n’avons jamais eu aussi peu de lits de soins intensifs. Il y a quelque chose qui ne va pas.» De tels messages circulent sur les réseaux sociaux. Ils pointent du doigt le fait que la Confédération et les cantons ont supprimé des places en soins intensifs au lieu de former du personnel supplémentaire afin d’augmenter les capacités d’accueil. Un regard sur les chiffres le montre. Le 11 avril 2020, en plein milieu de la première vague, 1556 lits en soins intensifs étaient disponibles, dont 776 étaient inoccupés. Puis en novembre de la même année, durant le pic de la deuxième vague, on dénombrait 1127 lits disponibles dont 279 inoccupés. Ce mardi, selon le site de l’OFSP, 155 des 828 lits de soins aigus étaient encore inoccupés.

Interrogé, le Service sanitaire coordonné (SSC) de l’armée, qui est responsable de la coordination des places en soins intensifs déclare: «Lors de la première vague, de nombreuses capacités supplémentaires ont été improvisées, car l’incertitude quant au nombre de patients à accueillir était très élevée.» Il y avait donc davantage de lits disponibles que nécessaire. Aujourd’hui encore, selon le SSC, des unités de soins intensifs temporaires pourraient être mises en place et exploitées.

Davantage de préparation

Le facteur limitant reste le personnel spécialisé. Selon Tobias Bär, porte-parole de la Conférence suisse des directeurs de la santé (CDS): «Avoir des milliers de lits en réserve ne signifie pas être mieux préparé à une crise de grande ampleur.» Pour Ruth Humbel, présidente de la commission de la santé du Conseil national, il faut dorénavant tout mettre en œuvre pour que les unités de soins intensifs qui pourraient être exploitées avec un haut niveau de qualité soient à nouveau disponibles afin d’éviter un durcissement des mesures. Elle a ajouté qu’elle apprécie peu que des patients atteints d’une maladie grave autre que le coronavirus n’aient pas de place parce que des lits sont occupés par des patients Corona non vaccinés.

(dgr/jbm)

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