Actualisé 28.04.2017 à 08:53

Etats-UnisLa Suisse absente de la carte du monde de Trump

Les représentants de la Confédération peinent à établir des contacts étroits avec la nouvelle administration américaine.

Johann Schneider-Ammann reste à ce jour le seul conseiller fédéral qui a parlé avec le nouveau président des Etats-Unis. (Vendredi 28 avril 2017)

Johann Schneider-Ammann reste à ce jour le seul conseiller fédéral qui a parlé avec le nouveau président des Etats-Unis. (Vendredi 28 avril 2017)

Keystone

Cent jours après l'arrivée de Donald Trump à la Maison blanche, la Suisse est toujours absente des priorités de la politique américaine. Pour les représentants de la Confédération, il est difficile d'établir des contacts étroits avec la nouvelle administration.

«Je devrais savoir lire le marc de café pour prédire les prises de position des Etat-Unis», a déclaré le week-end dernier le conseiller fédéral Ueli Maurer qui s'est rendu à Washington pour les réunions du FMI et de la Banque mondiale. Le président de la Banque nationale suisse (BNS) Thomas Jordan a lui mis en garde à la même conférence de presse face aux politiques isolationnistes américaines et aux mesures protectionnistes.

Au siège de l'ONU à New York semble régner une certaine «incertitude» chez les diplomates qui sont dans «l'attente». La présidente de la Confédération Doris Leuthard espère, cependant, que Donald Trump en tant que président s'est un peu «calmé». Didier Burkhalter avait fortement critiqué le décret anti-immigration de Donald Trump, mais sa voix n'a pas porté jusqu'au bureau ovale.

«Des portes peuvent s'ouvrir»

Johann Schneider-Ammann reste à ce jour le seul conseiller fédéral qui a parlé avec le nouveau président des Etats-Unis. Après l'élection de novembre, le Bernois, alors président de la Confédération, avait félicité le milliardaire de New York par téléphone. «Il est absolument essentiel que nous nous rapprochions du président», déclare aujourd'hui Johann Schneider-Ammann. Lors de la réunion de la Banque mondiale à Washington le week-end dernier, il n'a toutefois pas reçu beaucoup d'attention de la part des responsables américains. Une réunion était espérée avec son homologue américain Willbur Ross, mais elle n'a pas eu lieu.

Pharma pas inquiète

Johann Schneider-Ammann reste pourtant convaincu que l'accès de la Suisse au gouvernement Trump est possible: «Si le ministre suisse de l'économie, accompagné de hauts responsables dans l'industrie pharmaceutique, cherche le contact avec Trump, alors les portes peuvent s'ouvrir avec le temps».

En effet, Interpharma, l'association des entreprises pharmaceutiques suisses, se montre elle relativement confiante. «De nombreuses sociétés oeuvrent aux Etats-Unis dans des centres de recherche et sur des sites de production», précise l'organisation faîtière. La branche part du principe que le pays va rester favorable à l'innovation et à la recherche. Autre effet bénéfique pour le secteur de la pharma, d'après elle, Donald Trump n'est pas parvenu à abroger l'Obamacare. Or cette abrogation aurait pu avoir un impact négatif sur les fabricants de médicaments.

Une poignée de main

Ueli Maurer a rappelé quant à lui que, durant les huit années précédentes, la Suisse avait eu «environ cinq fois» des contacts au niveau ministériel avec les Etats-Unis. Ni Barack Obama, ni George W. Bush ne se sont rendus à Berne. A Washington, Ueli Maurer a au moins échangé une brève poignée de main avec son homologue américain Steven Mnuchin. «Nous avons eu l'impression d'établir le contact», a-t-il déclaré.

La peur d'être classé comme manipulateurs de devises par les Etats-Unis n'a pas lieu d'être, selon Ueli Maurer. La Suisse a atterri de par ses grands achats de devises sur une liste de surveillance du Trésor américain des Etats qui peuvent manipuler des devises. Le pays figure en effet dans un rapport de surveillance, mais n'est pas au centre de l'attention, selon Ueli Maurer.

Pour le conseiller fédéral UDC, la presse suisse est unilatérale et ne parle de Donald Trump que de manière critique. «Si l'on parle avec les gens d'affaires, je ne rencontre pas l'agitation trouvée dans les médias.» Les représentants des Etats-Unis sont, à son avis, pragmatiques et seraient intéressés à cultiver de bonnes relations avec la Suisse.

En attente d'un ambassadeur

Il manque encore de nombreux contacts gouvernementaux. Ainsi, une délégation suisse dirigée par la conseillère nationale Christa Markwalder (PLR / BE) a ainsi demandé la nomination d'un nouvel ambassadeur américain à Berne. Au Département d'Etat, la personne responsable de la Suisse - que les parlementaires helvétiques ont pu rencontrer - est en revanche toujours la même que sous Barack Obama.

L'administration Trump n'a pas encore trouvé le temps pour de tels détails. La Suisse n'est de loin pas le seul pays dont les postes supérieurs des ambassades américaines n'ont pas encore été remplis.

«L'art de la négociation»

A l'ONU non plus - bien que Genève accueille le siège européen de l'organisation -, la Suisse ne fait pas partie des grands pour la nouvelle administration américaine. Aucune rencontre n'a encore eu lieu entre l'ambassadrice des Etats-Unis aux Nations Unies, Nikki Haley, et son homologue suisse à New York, Jürg Lauber.

Les messages des Etats-Unis à l'ONU sont dirigés à la population américaine plus qu'aux membres de l'ONU: pour Israël et contre l'Iran et la Syrie. La nouvelle amitié russo-américaine que certains prédisaient est rapidement devenue glaciale. Il ne faut pas attendre du multilatéralisme de la part de l'administration Trump, mais plutôt la création de situations dans lesquelles il n'y a qu'un seul gagnant. Donald Trump l'a décrit dans son livre à succès « L'art de la négociation ». (nxp/ats)

(NewsXpress)

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