Livre: La Suisse, «ce serait presque le paradis»
Actualisé

LivreLa Suisse, «ce serait presque le paradis»

Un livre-enquête remet en cause l'idée d'un «eldorado suisse» et souligne les déceptions d'une partie des expatriés.

par
Célia Héron
D'après l'auteure, de nombreux Français rêvent de s'installer en Suisse mais réalisent une fois sur place que d'autres défis les attendent, notamment dans le monde du travail.

D'après l'auteure, de nombreux Français rêvent de s'installer en Suisse mais réalisent une fois sur place que d'autres défis les attendent, notamment dans le monde du travail.

photo: Keystone

Un livre-enquête sur la vie des Français en Suisse, publié ce mercredi 13 avril chez Stock, remet en cause l'idée d'un «eldorado» helvète: selon l'ouvrage «Bienvenue au paradis!» de la journaliste Marie Maurisse, les expatriés seraient nombreux à déchanter une fois installés dans la Confédération.

Le site du magazine L'Express en publie quelques extraits.

Un pouvoir d'achat souvent surestimé

Pour une majorité d'expatriés français, salaires et bas taux d'imposition sont les principaux arguments pour traverser la frontière. Mais de nombreux jeunes professionnels ne réalisent pas que leur pouvoir d'achat ne sera pas mirobolant compte tenu du coût de la vie.

Certes, les fiches de paie font rêver, mais «selon un rapport du Conseil fédéral sur les classes moyennes, les prix en Suisse sont 41,4% plus élevés que dans les pays constituant le noyau dur de l'Union Européenne». Par ailleurs, l'assurance santé absorbe une partie du revenu, souligne Marie Maurisse citée par l'hebdomadaire.

Une stigmatisation «diffuse»

Un préjugé veut que le droit du travail soit plus favorable aux employés en Suisse qu'en France. Pourtant, souligne l'auteure, «le texte officiel se limite à établir des règles très générales: la durée hebdomadaire du travail est fixée à 42 heures avec un maximum de 50 heures hebdomadaires et quatre semaines de congés payés par an. Certains accords de branche améliorent des seuils nationaux, mais dans l'ensemble, le droit du travail est minimaliste.» Sans parler des congés parentaux, qui n'offrent aucun luxe aux parents.

Autre raison de ce désenchantement: les Français ne sont pas nécessairement bienvenus ou intégrés. «Si on y regarde de plus près, on constate que les Français qui vivent (ndlr: en Suisse) sont victimes d'un sentiment diffus, qui n'ose pas dire son nom: le racisme ? Se moquer des «frouzes», comme les Suisses les nomment, n'est plus un tabou, c'est même devenu tendance» avance le résumé du livre.

Accusés de «tirer les salaires vers le bas», moqués au travail, parfois discriminés à l'embauche, la «haine à l'égard des frontaliers» aurait de beaux jours devant elle. A en croire l'ouvrage, «l'Eldorado suisse a fait long feu et les Français en paient les frais.»

Ton opinion