Justice – La Suisse championne de la détention provisoire
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JusticeLa Suisse championne de la détention provisoire

La détention provisoire est utilisée deux fois plus souvent chez nous qu’à l’étranger, et les suicides y sont plus nombreux.

En Suisse, on a deux fois plus de risque de se retrouver en détention provisoire que nos voisins à l’étranger.

En Suisse, on a deux fois plus de risque de se retrouver en détention provisoire que nos voisins à l’étranger.

Pol. GR (image d’illustration)

La Suisse recourt davantage au placement des criminels en détention provisoire que d’autres pays, un constat vivement critiqué par la Commission nationale de prévention de la torture (CNPT).

Dans le «SonntagsBlick», son vice-président, Leo Näf, déclare qu’il s’agit de «la forme de détention la plus rigide et la plus sévère, même si toutes les personnes détenues bénéficient de la présomption d’innocence.»

Depuis quelques années, la Suisse essaie d’alléger le régime de détention. «En principe, on a trouvé une oreille attentive auprès de nombreux responsables de prison», explique Leo Näf. Mais la mise en œuvre au quotidien reste difficile: une partie du personnel et des Parquets auraient des objections.

«On ne doit pas briser l’être humain»

«L’époque où l’on enfermait des personnes pendant des mois, 23 heures par jour, doit être révolue», lance Joe Keel, secrétaire du Concordat sur l’exécution des peines et mesures de Suisse orientale. Les responsables de la procédure ont cependant objecté qu’un allègement du régime de détention pourrait avoir une influence négative sur la procédure.

Dans de nombreux cas, il n’y a pas de risque de dissimulation particulièrement élevé, qui est souvent cité comme la raison pour laquelle les détenus sont isolés de manière aussi intensive. Des conditions de détention sévères ne doivent pas être utilisées comme moyen de pression, dit Joe Keel: «On ne doit pas briser l’être humain en détention préventive, et ensuite le soutenir à grands frais dans l’exécution de la peine ou lors du retour à la vie civile.»

Risque de suicide élevé

Le Centre suisse de compétences en matière d’exécution des sanctions pénales a établi une comparaison avec l’étranger pour le «SonntagsBlick». Il en ressort que la détention préventive est plus souvent ordonnée en Suisse que dans les pays voisins comme l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie. Par ailleurs, en Suisse, la probabilité qu’un délinquant se suicide en détention préventive est plus de deux fois plus élevée que dans le cadre de l’exécution normale de la peine. Six suicides sur dix en détention ont lieu en détention préventive. L’une des raisons pourrait être que la détention préventive est exécutée dans presque tous les cantons sous forme d’isolement.

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(jbm)

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