Actualisé 30.06.2020 à 11:18

Suicide en détention

La Suisse condamnée pour la mort d’un détenu

Un prisonnier avait mis fin à ses jours en 2014 dans une geôle zurichoise. La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) estime que cette situation n’aurait pas dû se produire.

La Cour européenne des droits de l’homme.

La Cour européenne des droits de l’homme.

Keystone

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a admis le recours d'une mère dont le fils s'était suicidé en 2014 dans sa cellule à Urdorf (ZH). La justice a estimé que les policiers n’avaient pas pris les mesures suffisantes pour empêcher cet homme de 40 ans de se faire du mal. L'article 2 de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH), qui garantit un droit à la vie, a ainsi été violé. Ce même article exige aussi que les autorités mènent une enquête pénale quand un homme meurt.

Selon la CEDH, les policiers n'auraient pas pris les mesures suffisantes pour protéger l'homme. Ils l'ont traité comme une personne responsable, alors qu'au vu de son état et de ses dires, il était clair qu'il était suicidaire. En outre, une enquête pénale aurait dû être menée, précise la CEDH. Ni le Tribunal cantonal de Zurich ni le Tribunal fédéral n'ont pris en compte le rapport de médecine légale dans leurs considérations. Ce dernier stipule que l'homme aurait dû être surveillé.

Contrairement aux deux cours précédentes, la CEDH estime que cela constitue un indice suffisant pour d'éventuels comportements punissables.

Ivre et sous médicaments

Les faits sont survenus en septembre 2014. L'homme avait eu un accident sous influence de l'alcool et de médicaments. Il avait alors avoué des pensées suicidaires aux policiers et à sa mère, qui avait été appelée sur place. Après avoir dû se soumettre à une prise de sang dans un hôpital, il avait été placé dans une cellule non surveillée à Urdorf.

La mère a déposé une plainte pénale pour homicide par négligence. La CEDH lui a octroyé une indemnité pour tort moral d’un montant de 50'000 euros (environ 53’500 francs).

Envies suicidaires? Faites-vous aider!

Selon Stopsuicide.ch, la problématique du suicide est un sujet complexe et multiple qui ne peut s’expliquer au travers d’une réponse unique. Cette association vise à briser le tabou qui englobe le suicide afin de réfléchir aux différents moyens permettant de mettre en oeuvre une aide concrète destinée aux jeunes en souffrance.

D’autres structures comme La Main Tendue (composez le 143) et la Ligne d’aide pour jeunes (147) sont également disposées à aider.

(ATS)

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