Sanctions contre l'Iran: La Suisse dans l'embarras
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Sanctions contre l'IranLa Suisse dans l'embarras

Les nouvelles sanctions adoptées par les Etats-Unis et l'UE contre l'Iran placent la Suisse dans une position délicate.

Les Etats-Unis et Israël avaient critiqué le contrat gazier, signé par Micheline Calmy-Rey en 2008, portant sur la livraison de 5,5 milliards de mètres cube de gaz par an à partir de 2011.

Les Etats-Unis et Israël avaient critiqué le contrat gazier, signé par Micheline Calmy-Rey en 2008, portant sur la livraison de 5,5 milliards de mètres cube de gaz par an à partir de 2011.

Jusqu'à présent, Berne s'est conformée aux mesures décidées par l'ONU, mais elle doit désormais opter pour des restrictions supplémentaires contre Téhéran.

Les sanctions signées par le président américain Barack Obama visent en priorité l'économie iranienne: interdiction entre autres des exportations d'essence à la République iranienne très demandeuse en la matière et stricte limitation des investissements dans le secteur pétrolier et gazier.

Le texte vise également les institutions financières internationales qui seraient liées aux Gardiens de la révolution iraniens.

L'Union européenne (UE) envisage aussi d'adopter d'ici la fin du mois des mesures qui vont nettement au-delà de celles du Conseil de sécurité de l'ONU. Ce dernier avait décrété en juin des interdictions de voyage pour les Gardiens de la révolution, des blocages de comptes et un embargo pour la vente d'armes lourdes.

Examen à Berne

«Les sanctions décidées par les Etats-Unis et l'UE vont être examinées avec soin. Nous n'avons aucun intérêt à ce que la Suisse soit utilisée pour contourner les embargos», a expliqué vendredi Roland Vock, chef du secteur Sanctions au Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO).

La Suisse a jusqu'à présent adopté seulement une partie de la dernière résolution de l'ONU. Elle a complété la liste des personnes et entreprises contre lesquelles des sanctions financières doivent être prises. Une décision du Conseil fédéral sur d'autres mesures est attendue au plus tôt à la mi-août.

Le sujet est délicat compte tenu du rôle de médiateur de la Suisse en tant qu'Etat neutre dans le dossier nucléaire, et alors qu'elle représente les intérêts américains en Iran. Mais concrètement, la Confédération ne peut pas échapper aux sanctions renforcées des pays voisins, étant donné que les exportations vers l'Iran passent par des ports européens.

Contrat gazier pas touché

En outre, les entreprises suisses qui seraient tentées par des affaires avec la République islamique courent le risque d'être punies par les Etats-Unis. En 2008, la Suisse pointait au 16e rang des plus importants fournisseurs de biens exportés à l'Iran pour une valeur de 846 millions de francs.

Le contrat gazier entre le groupe zurichois Electricité de Laufenbourg (EGL) et les autorités iraniennes n'est pas menacé par les nouvelles sanctions américaines, selon EGL. L'entreprise souligne qu'elle n'assume aucun investissement en Iran. «On se contente de prendre en charge du gaz à la frontière iranienne», explique Richard Rogers, porte-parole d'EGL.

«Au cas où la communauté internationale adopterait de nouvelles sanctions qui auraient une influence sur ce contrat avec la société nationale iranienne pour l'exportation de gaz (NIGEC), nous les respecterions», ajoute M. Rogers.

Ce contrat gazier, signé par Micheline Calmy-Rey en 2008, porte sur la livraison de 5,5 milliards de mètres cube de gaz par an à partir de 2011. Les Etats-Unis et Israël avaient critiqué cet accord.

Le gaz doit transiter depuis l'Iran par la Turquie, la Grèce et ensuite via le nouveau Trans Adriatic Pipeline (TAP) à travers l'Italie. Outre EGL, le norvégien Statoil et le groupe allemand E.ON Ruhrgas participent à ce projet. Le gazoduc transadriatique doit aussi transporter le gaz d'Azerbaïdjan en contournant la Russie.

(ats)

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