Peine de mort: La Suisse engagée pour l'abolition
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Peine de mortLa Suisse engagée pour l'abolition

La Suisse tient à rappeler son engagement pour l'abolition de la peine de mort en toutes circonstances et dans toutes les régions du monde.

Cette position a été rappelée dimanche par la cheffe du DFAE, Micheline Calmy-Rey, à l'occasion de la Journée mondiale contre cette pratique.

«La peine capitale constitue une atteinte aux droits humains les plus fondamentaux», a souligné Mme Calmy-Rey dans un communiqué. Cette pratique «n'apporte pas de réparation, n'a aucun caractère dissuasif et ne protège dès lors pas davantage la société», a-t-elle poursuivi.

La cheffe du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a également critiqué l'aspect irrévocable de la peine de mort, qui «n'est pas non plus sans poser de problème» puisque l'on sait qu'elle été «trop souvent été appliquée à des innocents ou pratiquée sur une base discriminatoire.»

Renforçant «sans cesse son engagement pour un monde sans peine capitale», la Suisse «a parrainé la quatrième édition du Congrès mondial contre la peine de mort qui s'est tenu à Genève en février dernier», a souligné Mme Calmy-Rey, citée par le communiqué.

Création d'une Commission internationale contre la peine de mort

A ce propos, Berne salue la récente création au Congrès de Genève de la Commission internationale contre la peine de mort (CIPM) au sein de laquelle siège l'ancienne conseillère fédérale Ruth Dreifuss.

Le DFAE a également rappelé que la Suisse accueillera dès 2011 le secrétariat de cette commission à Genève, au sein de l'Académie de droit international humanitaire et de droits humains, un «honneur», se réjouit le DFAE.

L'un des objectifs de la CIPM est d'atteindre d'ici 2015 un moratoire sur les exécutions le plus large possible. Mais un autre est aussi d'agir pour la suspension d'exécutions dans des cas où le droit international restreint l'application de la peine de mort.

Appel de Kouchner

De son côté, le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, a appelé tous les Etats appliquant encore la peine de mort à un moratoire. Il a condamné particulièrement les conditions «barbares» de ce châtiment notamment contre les handicapés et les mineurs.

Les défenseurs des droits de l'Homme «qui luttent pour défendre inlassablement cette cause, ont tout le soutien de nos ambassades, à qui j'ai demandé, dans le cadre de cette journée, de mobiliser les opinions publiques et les décideurs», a-t-il dit.

La peine capitale reste aujourd'hui notamment en vigueur dans deux superpuissances, les Etats-Unis et la Chine, et aussi dans plusieurs pays musulmans. M. Kouchner a cité nommément la condamnation à la lapidation qui pèse toujours sur l'Iranienne Sakineh Ashtiani, «pour laquelle le président de la République (Nicolas Sarkozy) et moi-même continuons de nous mobiliser». (ats)

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