16.06.2020 à 08:32

CONSÉQUENCES DRAMATIQUES

La Suisse est fortement touchée par le réchauffement climatique

La fonte des glaciers, le manque de nourriture pour les animaux et une augmentation du nombre d’allergies: voici les conséquences du changement climatique en Suisse.

de
Stephanie Sigrist
Dans toute la région alpine, un fort recul des glaciers a été observé depuis les années 1980. Le glacier de Findelen en Valais, par exemple, a perdu un tiers de son volume depuis 1850. Selon les glaciologues, cela est directement lié à la hausse globale des températures. Mais le changement climatique a encore d’autres conséquences que la fonte des glaciers pour la Suisse.

Dans toute la région alpine, un fort recul des glaciers a été observé depuis les années 1980. Le glacier de Findelen en Valais, par exemple, a perdu un tiers de son volume depuis 1850. Selon les glaciologues, cela est directement lié à la hausse globale des températures. Mais le changement climatique a encore d’autres conséquences que la fonte des glaciers pour la Suisse.

KEYSTONE / Olivier Maire

Le climat mondial connaît des fluctuations naturelles sur des périodes allant de plusieurs siècles à plusieurs millions d'années. Depuis le début de l'industrialisation, vers la fin du 18ème siècle, la composition de l'atmosphère n’a cessé de changer à cause de l’émission des gaz à effet de serre amenant un changement notable du climat. Il existe cependant un fort réchauffement observé depuis 1950 (environ 0,65 C°) qui ne s’explique pas par les fluctuations climatiques naturelles. Les gaz à effet de serre en sont très probablement la cause. Ils proviennent de la combustion d’énergies fossiles comme le charbon, le pétrole et le gaz naturel, ainsi que des bouleversements majeurs de l’exploitation des terres à grande échelle comme le défrichement des forêts tropicales humides.

La Suisse fait partie des pays qui sont le plus gravement touchés par le réchauffement climatique. Depuis le début de la prise des mesures en 1864, il est de +2°C, soit équivalent à deux fois la moyenne mondiale (0,9°C) selon l’office fédéral de l’environnement. Comment le changement climatique se fait-il sentir en Suisse ?

Des étés caniculaires: l’une des conséquences directes du réchauffement climatique est que l’on aura des étés plus chauds dans le futur en Suisse. Le nombre de jours en été où le thermomètre affichera plus de 25°C va augmenter, tout comme le nombre de nuits très chaudes. C’est déjà le cas sur le Plateau central. À Zurich, on relève un à deux jours de chaleur de plus chaque décennie depuis 1960. Les étés chauds peuvent être mortels pour les personnes âgées principalement. La raison de l’augmentation du taux de mortalité ne sont pas les températures en journée, mais plutôt celles de la nuit (au-delà de 20°C). Cela empêche le corps des personnes vulnérables de récupérer. Au cours de l'été 2003, 1’000 décès supplémentaires ont été enregistrés.

Plus d’allergies: selon les médecins, les personnes souffrant d'allergies ressentent déjà les signes du réchauffement climatique. Les allergologues soupçonnent que l'augmentation de la concentration de CO2 stimule considérablement la production de pollen chez les plantes et conduise à une augmentation des allergies.

Le retrait des glaciers: depuis le milieu des années 1980, un fort recul des glaciers a été observé dans toute la région alpine. Cela est lié directement à l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre de la société industrielle et à la hausse de la température mondiale qui en résulte.

Moins de permafrost: la limite de 0° en hiver a augmenté d'environ 300 mètres depuis les années 1960. Le réchauffement du permafrost – ou pergélisol, sous-sol gelé en permanence en haute montagne est un processus lent et à long terme. Le dégel du pergélisol augmente le risque d'éboulements et de chutes de pierre en montagne. Ceci représente un risque onéreux pour de nombreuses remontées mécaniques de montagne, car les fondations des pylônes et des stations de haute altitude sont souvent fixées dans la roche glacée.

Le manque de neige: à l'avenir, la saison des sports d'hiver sera raccourcie de quelques semaines et la limite d’enneigement s'élèvera de plusieurs centaines de mètres. Dans les Alpes suisses, comparée à 1970, la saison de la neige commence environ 12 jours plus tard et se termine 25 jours plus tôt. Pour le moment, le changement climatique frappe particulièrement durement les stations de ski situées en dessous de 2’000 mètres.

Des conséquences économiques: outre le tourisme hivernal, les conséquences économiques directes sont particulièrement notables dans les industries manufacturières et productives. L'agriculture en particulier souffre de la sécheresse et les agriculteurs seront plus dépendants de l'irrigation à l'avenir. La sécheresse touche également les plants de pins. L’épicéa, qui joue un rôle extrêmement important dans l'industrie du bois, est menacé de disparaître des forêts du Plateau suisse en raison du manque d'eau et de l'augmentation du nombre de scolytes.

La disparition d’espèces animales: les animaux souffrent aussi beaucoup du changement climatique. Selon « National Geographic », on prévoit qu'une espèce animale sur six disparaisse au cours du siècle prochain à cause du réchauffement des températures et des changements environnementaux afférents. D'autres chercheurs disent même que seules quatre espèces animales sur cinq connaîtront le siècle prochain.

La famine pour de nombreux animaux: le changement climatique influence à des degrés divers le moment du réveil printanier pour différentes espèces. Par conséquent, des décalages temporels entre les abeilles et les espèces végétales sont possibles, et le danger est que les abeilles doivent se passer de plantes alimentaires en mettant fin à leur hibernation trop tôt. Les hérissons connaissent le même sort: les animaux épineux commencent leur hibernation une fois que les températures sont inférieures à 6°C et ce pour une longue période. Depuis quelques années, les hérissons interrompent leur hibernation plus tôt, une fois que la température stagne au-dessus de 6°C. Pendant les pauses de sommeil, les animaux consomment d'énormes quantités de graisse stockée dans leurs réserves. Le retour soudain de l'hiver entraîne souvent leur mort.

La perte d'habitat: pour d'autres espèces animales, le changement climatique signifie quitter leur habitat. Les marmottes par exemple, réagissent sensiblement à la chaleur et se déplacent vers les hautes régions des Alpes. Cependant, à un moment donné, la couche d'humus à haute altitude n'est plus suffisante et le sol devient littéralement trop mince pour creuser assez profondément dans les souterrains pour hiberner en toute sécurité. Le lièvre alpin fait face au même problème. On prévoit que d'ici 2100, il aura perdu en moyenne plus d'un tiers de son territoire.

La propagation des parasites: les espèces sensibles au froid, quant à elles, profitent du réchauffement climatique. Elles peuvent se propager davantage et développer leur zone d'habitat. Les insectes nuisibles comme les scolytes, les doryphores de la pomme de terre ou les pucerons se reproduisent mieux à des températures plus chaudes, ce qui représente une menace pour la faune et l'agriculture.

Les changements forestiers: le hêtre et l'épicéa représentent environ 55% des espèces arboricoles suisses, mais ils luttent contre la sécheresse croissante. Sans eau en quantité suffisante, les plantes ne peuvent plus effectuer la photosynthèse et ne peuvent donc pas pousser. Les sapins et les pins doivent également lutter contre la sécheresse pendant les étés chauds.

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