13.07.2016 à 06:49

Développement

La Suisse finance des projets en Pologne

Grâce à l'aide de la Confédération, plusieurs gares et maisons dans les arbres ont été construites. Berne veut voir les résultats.

La gare de Legionowo, près de Varsovie, a été construite avec l'aide de la Suisse.

La gare de Legionowo, près de Varsovie, a été construite avec l'aide de la Suisse.

photo: AFP/JANEK SKARZYNSKI

Train et gare de banlieue ultramodernes, collecteurs solaires sur les toits des villages et confortables maisonnettes haut perchées dans les arbres, la Suisse finance en Pologne toutes sortes de projets, avec une exigence: voir des résultats concrets.

Bien qu'elle ne soit pas membre de l'Union européenne, la Suisse avait décidé dès 2006 de contribuer à la réduction des disparités entre les anciens membres de l'UE et les ex-démocraties populaires d'Europe de l'Est.

L'idée ne faisant pas l'unanimité, un référendum a eu lieu, avec pour résultat un programme d'aide d'1,3 milliard de francs suisses sur dix ans.

Lancement de 58 projets

La Pologne, de loin le plus grand pays parmi les nouveaux venus, a obtenu la part du lion, soit près d'un demi-milliard de francs suisses.

Depuis, 58 projets ont été lancés. Près de dix millions de francs suisses ont permis de construire à Legionowo, une ville de 54'000 habitants dans la grande banlieue de Varsovie, un vaste bâtiment ultramoderne qui a remplacé quelques conteneurs métalliques ayant servi de gare pendant des dizaines d'années.

«les Suisses aiment le train»

Le président (maire) de la ville, Roman Smogorzewski, est ravi: «les Suisses aiment le train et plus généralement les transports en commun, alors que les Polonais en sont encore à adorer leur voiture, qui a pris la place de leur cheval...», affirme-t-il.

Il se dit partisan d'un suivi exigeant des projets: «certaines communes polonaises pensent "si on nous donne de l'argent, il faut le prendre", et construisent à tort et à travers. Or il faut penser aussi à l'entretien et au fonctionnement de ce qu'on construit», estime Roman Smogorzewski.

Il y a réfléchi pour sa gare de plus de 2000 mètres carrés. Elle abritera plusieurs surfaces commerciales à louer, et pour ne pas renoncer à la culture, une grande médiathèque sera installée à l'étage. L'ouverture au public est prévue en septembre.

Disparités Est-Ouest

Dans l'Est de la Pologne, où le programme suisse vise à réduire les disparités régionales avec l'Ouest du pays, plus industrialisé, un projet touristique original a vu le jour à proximité de la petite ville de Naleczow, réputée pour ses eaux et son climat.

Quatre maisonnettes suspendues dans les arbres - chacune dotée d'une terrasse - et prisées particulièrement par les jeunes mariés affichent complet «jusqu'en novembre», explique leur propriétaire Malgorzata Fraszka.

Dotées d'aménagements soignés et d'une longue-vue pour observer les oiseaux, elles donnent l'impression de voguer sur une mer de verdure, au bord d'un ravin boisé profond de neuf mètres.

Suivi des projets

Roland Python, responsable suisse chargé du suivi des projets en Pologne, se dit satisfait du sérieux avec lequel les Polonais préparent leurs dossiers et assurent le suivi des travaux et leur facturation. «Ils font ce qu'ils ont promis de faire, leurs institutions fonctionnent bien. Ce n'est pas toujours ainsi dans d'autres pays où j'ai travaillé», confie-t-il.

Interrogé sur d'éventuelles difficultés rencontrées, Roland Python évoque une différence de mentalité qui l'a surpris.

«La performance est en premier lieu évaluée par nos partenaires polonais à travers le taux d'absorption (des fonds obtenus): pour eux, le succès consiste à mettre en oeuvre un projet jusqu'au dernier franc», constate-t-il.

Résultats concrets

Or pour ce diplomate - qui dit «devoir rendre compte en détail au peuple suisse sur la manière dont son argent est dépensé» - ce qui compte, ce sont des résultats concrets.

«Offrir des formations pour 2000 agriculteurs, c'est bien, mais nous voudrions savoir si ces gens ont ensuite amélioré la qualité de leurs produits, augmenté le volume de leur production ou créé des emplois», explique Roland Python.

«Nos partenaires polonais se sont montrés tout d'abord très étonnés quand nous avons posé cette question», dit-il, mais ils ont évolué depuis.

Le programme d'aide suisse se termine mi-2017. La suite dépend des relations globales entre la Suisse et l'UE. Ces relations sont compliquées. L'UE voit d'un mauvais oeil l'intention de la Suisse de réduire l'afflux de dizaines de milliers de travailleurs depuis l'étranger, surtout des pays voisins. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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