Actualisé 02.06.2013 à 18:11

SyrieLa Suisse inquiète pour les civils

Durant le week-end, les rebelles et l'armée loyaliste ont lutté pour défendre leurs positions notamment à Qousseir. Ces affrontements ont coûté la vie à des dizaines de personnes.

Malgré les efforts diplomatiques, la guerre en Syrie ne donne aucun signe de répit. Samedi, 28 rebelles combattant les troupes du régime syrien ont été tués dans le nord de la province de Homs, dans le centre de la Syrie, a rapporté dimanche une ONG syrienne.

Plus au nord, l'armée a repris samedi le contrôle de deux localités à majorité alaouite dans la province de Hama (centre). Les combats ont fait au moins 60 morts, selon un bilan provisoire de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Par ailleurs, au moins six soldats ont trouvé la mort lors d'une attaque rebelle contre un barrage militaire à la périphérie de Talbissé. Cette ville est contrôlée par les insurgés est encerclée par l'armée.

En outre, dans le quartier de Jobar, dans l'est de Damas, «neuf membres des forces du régime ont été tués dans un attentat à la voiture piégée, selon un bilan de l'OSDH .

Raids sur Qousseir

Parallèlement, les avions du régime ont mené des raids sur Qousseir et la périphérie du village voisin d'Al-Dabaa, pilonnée par l'armée, selon l'OSDH qui s'appuie sur un réseau de militants et de médecins. Qousseir est la cible d'une offensive lancée le 19 mai par l'armée syrienne et le Hezbollah.

Les rebelles ont lutté âprement samedi pour défendre leurs positions dans cette ville soumise à un déluge de feu de l'armée. Cette dernière cherche à ouvrir un passage sûr entre la capitale et le littoral, analyse l'OSDH. Des milliers de civils ainsi qu'un millier de blessés se trouvent encore à l'intérieur de la ville.

Appel aux belligérants

Une situation qui inquiète l'ONU. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé les combattants à laisser les civils quitter la ville et a rappelé qu'il était de la responsabilité du gouvernement de les protéger, «y compris de la menace de milices».

La Suisse a aussi fait entendre sa voix dimanche. Les violences doivent cesser, écrit le Département fédéral des affaires étrangères. Au sujet des combats à Qousseir, il lance un appel pour que les civils puissent fuir les zones de combat.

Prises d'otages

Le pape François a fait part de sa «vive préoccupation» au sujet du conflit. Face à la foule réunie dimanche Place Saint-Pierre, il s'est adressé aussi aux responsables de prise d'otages en Syrie, les pressant de faire preuve d'«humanité» en libérant leurs victimes.

En fin de journée, le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem a eu une conversation téléphonique avec Ban Ki-moon. Il lui a assuré que le Comité international de la Croix-Rouge entrera à Qousseir dès la fin des opérations militaires, a-t-il dit, cité par l'agence officielle Sana.

Attaques au Liban

La guerre civile en Syrie, qui a fait au moins 90'000 morts en deux ans, déborde de plus en plus sur son voisin le Liban. Les rebelles mènent des attaques en territoire libanais en réponse au soutien du mouvement du Hezbollah libanais à l'offensive des forces de Bachar al Assad sur la ville-frontière stratégique de Koussaïr.

Une quinzaine de rebelles syriens ont été tués lors d'affrontements survenus durant la nuit de samedi à dimanche près d'Ain el Djaouze, une portion du territoire libanais qui s'étend sur la Syrie. Un combattant du Hezbollah a également trouvé la mort, selon des sources au sein des forces de sécurité libanaises.

Dans ce contexte, l'influent prédicateur islamique Youssef al-Qaradaoui a appelé samedi les musulmans sunnites à rejoindre les rangs des rebelles en Syrie. Il a fustigé le Hezbollah chiite, qualifié de «parti de Satan».

Conférence de paix

L'opposition a un nouvelle fois exigé le départ du président Bachar al-Assad et l'arrêt des combats pour participer à la conférence internationale de paix que Washington et Moscou cherchent à organiser prochainement en Suisse.

C'est pourquoi Genève va accueillir mercredi des représentants des Etats-Unis, de la Russie et des Nations unies en vue d'une possible Conférence de paix sur la Syrie. Celle-ci pourrait avoir lieu en juillet selon le chef de la diplomatie française Laurent Fabius. (ats)

Turquie à éviter, selon Damas

La Syrie a recommandé dimanche à ses ressortissants d'éviter de se rendre en Turquie, en proie à des manifestations contre le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan. «Le ministère des Affaires étrangères conseille aux citoyens syriens de ne pas se rendre en Turquie, afin de préserver leur sécurité, et ce en raison de la dégradation de la situation sécuritaire dans certaines villes turques», a indiqué la télévision officielle syrienne.

Ennemi juré d'Ankara, Damas n'a pas manqué de dénoncer la politique du gouvernement turc qui s'attaque régulièrement au régime du président Bachar al-Assad, secoué depuis mars 2011 par un mouvement de révolte.

«Erdogan dirige son pays d'une façon terroriste et détruit la civilisation et les acquis du peuple turc», a lancé samedi le ministre syrien de l'Information Omrane al-Zohbi.

La Turquie accueille sur son sol quelque 400'000 réfugiés syriens. Elle soutient les rebelles syriens et appelle au départ d'Assad.

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