Egypte - La Suisse laisse dépérir des immeubles
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ÉgypteLa Suisse laisse dépérir des immeubles

Des inspecteurs du Département des affaires étrangères ont pointé l’existence de deux propriétés laissées à l’abandon et d’une autre en piteux état.

La maison située à Alexandrie avec un grand parc n’a plus connu d’occupants depuis 43 ans.

La maison située à Alexandrie avec un grand parc n’a plus connu d’occupants depuis 43 ans.

capture d’écran/SonntagsBlick.

Ce n’est pas la meilleure image que peut donner la Suisse en Égypte. À Alexandrie, la ville portuaire sur la Méditerranée, deux propriétés n’ont plus vu de locataires depuis 43 ans. L’une est entourée d’un parc de 6300 m2, soit presque la surface d’un terrain de football. Leur existence est au cœur d’un audit des représentations suisses en Égypte, a révélé le SonntagsBlick.

Dans le rapport, les inspecteurs du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) ont été surpris de trouver ces villas vides et ont suggéré aux responsables de les vendre rapidement. Les deux bâtiments ont été cédés à la Confédération en 1964 par un citoyen suisse craignant une nationalisation des biens. L’une des propriétés a servi de consulat jusqu’en 1978 avant de ne plus jamais voir de locataires.

Incertitude juridique

Le DFAE assure cependant avoir tout fait pour vendre ces maisons. Mais le statut de l’ancien consulat poserait problème car il s’agirait d’un bâtiment classé. «Les acheteurs potentiels ne sont pas autorisés, par exemple, à démolir le bâtiment et à en construire un nouveau sur le site», a expliqué au journal dominical alémanique le porte-parole du département Pierre-Alain Eltschinger. L’ambassade de Suisse au Caire a engagé un avocat qui n’est pas parvenu à faire lever la clause de protection des monuments. «Jusqu’à présent, aucune solution n’a été trouvée, seuls les frais de justice ont atteint un montant considérable».

«Mission» anti-squatters

Dans leur rapport, les inspecteurs du DFAE suggèrent de faire estimer par «un courtier immobilier de renom» la différence de prix entre une vente avec et une sans clause de protection des monuments. «En fonction du résultat, une vente devrait être envisagée dans un avenir proche pour éviter d’engager davantage de frais juridiques avec une issue incertaine», ont-ils argumenté.

En attendant, une famille suisse loge gratuitement dans une petite propriété attenante. Elle s’occupe du jardin et des deux propriétés. Et, selon le rapport, elle assure une mission de «protection contre d’éventuels squatters».

Bâtiment décrépi

Au Caire, dans la capitale du pays, c’est un autre immeuble appartenant à la Confédération qui a attiré l’attention des experts. Dans le quartier résidentiel chic de Garden City, la «Villa Harari», est tombée en décrépitude. En 2017, une partie du plafond de l’immeuble qui sert au bureau de coopération de la Direction du développement et de la coopération (DDC) s’est effondrée, nécessitant l’évacuation du bâtiment. «Afin d’assurer la sécurité du personnel, le bien doit être rénové le plus rapidement possible», ont noté les experts. Il faudra mettre au moins 5 millions de francs dans la rénovation d’un bâtiment où le gouvernement suisse souhaite également y installer l’ambassade de Suisse.

Stockage d’affaires privées

Et il y a autre chose que le Ministère des affaires étrangères a découvert dans la cave de cette villa: un ancien ambassadeur a entreposé son mobilier privé dans le sous-sol de la villa, pendant sept ans. «Il n’est pas prévu que des objets privés soient déposés dans les propriétés du DFAE pendant des années», indique le rapport. Le bureau de coopération suisse a maintenant convenu avec l’ex-ambassadeur qu’il récupère son mobilier.

(lfa)

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