Actualisé 22.05.2020 à 14:13

Coronavirus

La Suisse lance un appel en faveur des transferts de fonds

Le confinement et la fermeture des bureaux de change compliquent les transferts de capitaux vers les pays pauvres. La Suisse et le Royaume-Uni appellent à agir.

De nombreuses familles dépendent de l'argent que leur envoie un fils, une cousine ou un mari partis travailler à l'étranger (archives).

De nombreuses familles dépendent de l'argent que leur envoie un fils, une cousine ou un mari partis travailler à l'étranger (archives).

KEYSTONE

De nombreuses familles des pays pauvres dépendent des transferts de fonds réalisés par des membres partis travailler à l'étranger. La Suisse a lancé vendredi avec le Royaume-Uni un appel mondial au maintien de ces flux de transfert durant la crise du coronavirus.

Dans de nombreux pays, les fonds en provenance de travailleurs émigrés représentent, voire dépassent un quart du produit intérieur brut. Après le pic de 550 milliards de dollars enregistré en 2019, la pandémie de Covid-19 risque de provoquer un effondrement massif du flux de capital. Mesures de confinement et fermeture des bureaux de change rendent les transferts difficiles, voire impossibles.

Selon la Banque mondiale, les envois vers les pays à faible ou moyen revenu diminueront d'environ 20% cette année, soit de 110 milliards. Or sans ces fonds, de nombreuses familles n’auront plus accès aux biens et services essentiels tels que la nourriture, le logement, l’éducation et les soins médicaux. Il pourrait aussi en résulter une pression migratoire accrue, avertit le Département des affaires étrangères.

Possibilités numériques

D'où l'appel à la poursuite des transferts de fonds sans obstacles dans le monde entier. Les migrants devraient accéder plus facilement aux transferts de fonds grâce à davantage d'options en matière de transferts numériques.

Les pouvoirs publics de tous les pays, mais aussi les régulateurs et les prestataires de services doivent encourager les transferts de fonds. Des campagnes d'information devraient par ailleurs sensibiliser les migrants aux nouvelles possibilités de transferts numériques par exemple. La Suisse met l'accent sur des services utilisant le téléphone portable par exemple.

L'appel bénéficie du soutien d’organisations multilatérales de développement (Fonds d’équipement des Nations Unies, Banque mondiale, Organisation internationale pour les migrations et Programme des Nations Unies pour le développement) ainsi que d’acteurs financiers du secteur privé. L’Egypte, El Salvador, l’Equateur, la Jamaïque, le Mexique, le Nigeria et le Pakistan s'y sont déjà joints.

L'appel souligne par ailleurs les relations bilatérales étroites de la Suisse avec le Royaume-Uni. En prévision du Brexit, Berne a déjà travaillé avec ses autorités pour conclure une série de nouveaux accords visant à préserver les liens mutuels.

(ATS/NXP)
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