Actualisé 04.12.2006 à 14:08

La Suisse manque d'envie de réforme

Comparativement à l'Allemagne et à l'Autriche, la Suisse manque d'envie de réforme, en particulier dans le domaine de la politique sociale.

Le «think tank» libéral Avenir Suisse qualifie de «modeste» la volonté de procéder à des réformes en Suisse, comparativement à l'Allemagne et à l'Autriche.

Les deux voisins germanophones de la Suisse ont manifesté d'importantes intentions de réformes au cours des quatre dernières années, a expliqué lundi à Berlin Thomas Held, directeur du laboratoire d'idées Avenir Suisse, en présentant son baromètre trinational des réformes, nommé D-A-CH.

Les conclusions sont donc les mêmes que l'an dernier, lorsque cet instrument établi conjointement par son organisation, l'Institut de recherches économiques de Cologne (IDW) et la Chambre de commerce autrichienne avait été présenté pour la première fois.

Le baromètre s'est inscrit à 114,5 points pour l'Autriche, 109,2 pour l'Allemagne et 103,4 pour la Suisse. La première procède avant tout à des réformes en matière financière et fiscale. L'Allemagne a de son côté entamé une libéralisation de son marché du travail.

Marché de l'emploi flexible en Suisse

La Suisse peut elle aussi se prévaloir de conditions flexibles en matière d'emploi, ce qui constitue l'une de ses grandes forces, a dit M. Held. L'extension de la libre-circulation des personnes aux Etats est-européens nouvellement membres de l'Union européenne (UE) constitue un autre bon point, tout comme les facilités de régularisation octroyées en cas de recrutement d'étrangers qualifiés.

A l'inverse, les aspects sociaux de la politique suisse jouent clairement un rôle de ralentisseur. M. Held pointe ici du doigt l'assurance-invalidité, dont l'assainissement de la dette devrait passer soit par une hausse de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), soit par une augmentation des cotisations salariales.

Les projets de changement en matière d'AVS, notamment la flexibilisation de l'âge de la retraite, sont plutôt positifs, estime encore le directeur d'Avenir Suisse. Mais genéraliser l'octroi de retraites anticipées aux personnes disposant de revenus modestes neutraliserait ces avantages.

M. Held estime enfin que la Suisse peut être «fière» de sa politique fiscale. Il salue par ailleurs notamment les programmes d'économies sur les dépenses fédérales réalisés en 2003 et 2004. (ats)

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