Polémique sur les paradis fiscaux: La Suisse met les points sur les «i» avec l'Allemagne
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Polémique sur les paradis fiscauxLa Suisse met les points sur les «i» avec l'Allemagne

L'ambassadeur d'Allemagne à Berne a été reçu mercredi après-midi par le secrétaire d'Etat Michael Ambühl.

La Suisse a convoqué l'ambassadeur d'Allemagne à Berne mercredi pour lui faire part de son mécontentement à la suite des déclarations du ministre allemand des finances Peer Steinbrück. Celui-ci a estimé que la Confédération devait être inscrite sur la «liste noire» des paradis fiscaux.

Le secrétaire d'Etat aux affaires étrangères Michael Ambühl a affirmé au diplomate allemand, Axel Berg, que les déclarations du ministre des finances étaient «inacceptables dans leur forme et leur contenu», a indiqué un porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) à l'ATS.

Solution commune

M. Berg lui a répondu que la réunion de mardi ne concernait pas uniquement la Suisse, a indiqué l'ambassade d'Allemagne dans un communiqué. Ces discussions réunissaient en outre 17 autres pays de l'Union européenne et de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Lors de cet entretien, l'ambassadeur allemand a par ailleurs émis le souhait qu'une solution commune puisse être trouvée sur les questions de fiscalité, une «question difficile qui est discutée de manière particulièrement engagée» dans le contexte actuel de crise financière mondiale, ajoute le texte.

Echapper à l'impôt

Peer Steinbrück avait estimé mardi, lors d'une réunion des ministres des finances de l'OCDE à Paris, que la Suisse méritait d'être inscrite sur la «liste noire» des paradis fiscaux. Il avait aussi reproché à Berne d'offrir aux Allemands des placements leur permettant d'échapper à l'impôt et de ne pas coopérer suffisamment en matière fiscale.

«Je ne remets pas en cause la souveraineté de la Suisse ou du Liechtenstein. C'est la souveraineté de la République fédérale d'Allemagne qui est mise à mal par les conditions offertes par certains pays», avait-il notamment dit.

Ces critiques avaient reçu l'appui de la France. «Le secret bancaire a trouvé ses limites. La Suisse a fait des progrès (...) mais nous devons aller beaucoup plus loin», avait renchéri le ministre français du budget Eric Woerth.

La Suisse devait initialement participer à la rencontre de Paris. Elle s'est désistée la semaine dernière au titre que cette réunion n'était pas placée sous l'égide de l'OCDE.

«Fouet»

Ces déclarations ont faché le Conseil fédéral qui a chargé le DFAE de convoquer M. Berg pour lui faire part de la suprise et du mécontement du gouvernement. Le gouvernement n'a pas apprécié le choix des mots, comme «fouet», du ministre allemand, avait expliqué dans la matinée Micheline Calmy-Rey devant la presse.

Pour le reste, le Conseil fédéral constate que la Suisse est «toujours sur la voie du dialogue» concernant son différend fiscal avec l'Union européenne. Le thème sera abordé lors d'une rencontre en décembre entre le président de la Confédération Pascal Couchepin et celui de la Commission européenne José-Manuel Barroso, a ajouté le cheffe de la diplomatie helvétique.

(ats)

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