Immobilier: La Suisse moins attractive pour les investisseurs
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ImmobilierLa Suisse moins attractive pour les investisseurs

Le secteur immobilier helvétique a perdu en 2014 quelque peu de son attrait par rapport à l'année dernière. 80% des investisseurs jugent encore la Suisse plutôt attractive, contre 92% en 2013.

C'est ce qui ressort du baromètre annuel du cabinet d'audit et de conseil Ernst & Young (EY).

Comparée à d'autres pays européens, 70% des répondants apprécient la place immobilière suisse, révèle la nouvelle enquête d'EY publiée mardi. Mais au regard des 86% de suffrages favorables recueillis l«année dernière, sa cote est là aussi à la baisse.

Si la peur de l'inflation élevée s'est estompée sur un an, elle demeure le moteur d'investissement pour 60% des sondés, devant la crise de l'euro. En effet, seule une minorité d'entre eux prévoit des investissements étrangers en lien avec la situation de la monnaie européenne, alors qu'ils étaient encore huit sur dix en 2013.

Le niveau élevé des prix en Suisse représente la principale entrave aux transactions, ainsi que le durcissement des réglementations en matière de fonds propres. Ainsi, les acheteurs disposant de capitaux importants, tels que les family offices et les fonds immobiliers, devraient se distinguer cette année, tandis que les banques et fonds de capital-investissement figureront du côté des vendeurs.

Villes sans «risques»

Le marché immobilier helvétique profite néanmoins des bas taux d'intérêt et de la conjoncture stable. Dans les emplacements de premier choix, les prix devraient continuer d'augmenter, de sorte que 58% des investisseurs misent en 2014 sur l'immobilier résidentiel, surtout dans les villes.

A ce titre, Lucerne, St-Gall, Zurich et Berne sont particulièrement prisées, car elles présentent visiblement peu de risques, souligne EY. «La raréfaction des objets de base sûrs devrait pousser les investisseurs à opter pour des stratégies plus risquées, voire des placements opportunistes», analysent les auteurs.

Du côté des objets commerciaux, les prix devraient se stabiliser dans les sites de premier ordre, voire refluer dans les emplacements de second choix et dans les zones périphériques. La même tendance est attendue en ce qui concerne les complexes hôteliers et logistiques.

Meilleure cote au sud

Publié depuis 2010, le baromètre du marché de l'investissement immobilier en Suisse interroge 125 acteurs du marché, notamment des banques, compagnies d'assurances, fonds et sociétés anonymes immobiliers ainsi que des coopératives de construction. L'enquête européenne d'EY englobe quant à elle 15 pays et environ 500 entreprises et investisseurs.

Sur le plan européen, l'Allemagne et le Royaume-Uni remportent la palme de l'attractivité, bien que l'Italie et l'Espagne aient considérablement amélioré leur cotation par rapport à 2013. Si en Europe centrale et de l'Est, les objets résidentiels sont les plus recherchés, à l'ouest et au sud, le demande porte plutôt sur les immeubles de bureaux. Comme en Suisse, la propension au risque devrait croître sur le Vieux Continent, prévoit EY. (ats)

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