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Polanski arrêté en Suisse«La Suisse n'avait pas d'autre solution»

En raison d'un mandat international lancé en 2005 et des accords passés avec Washington, la Suisse n'avait pas d'autre solution que d'arrêter Roman Polanski, a affirmé Eveline Widmer-Schlumpf.

«La Suisse n'a pas subi de pression des Américains», a déclaré la Grisonne. «La politique n'a rien à voir là dedans.» Et d'insister sur le fait que les règles juridiques et les accords internationaux doivent s'appliquer, et s'appliquer à tous de la même manière.

«Dans un Etat de droit, il n'est pas possible de faire des différences. Il serait incompréhensible qu'une personne sortant du lot bénéficie d'un autre traitement», a ajouté la conseillère fédérale. A ses yeux, la Suisse a agi correctement.

Mme Widmer-Schlumpf a expliqué que la Suisse avait pu procéder cette fois à l'arrestation de Roman Polanski car Berne a eu connaissance à l'avance de sa venue. Le cinéaste n'avait pas été inquiété lors de son précédent séjour car les autorités avaient eu vent de sa présence trop tard.

D'après elle, il est probable que Roman Polanski fasse recours contre la décision le touchant. Le cinéaste français d'origine polonaise se trouve actuellement à Zurich en détention en vue d'extradition. La ministre a dit comprendre les protestations de l'Association suisse des scénaristes et réalisateurs de film d'un point de vue artistique mais pas juridique.

(ats)

Polanski souvent en Suisse

L'avocat français de Roman Polanski s'est dit surpris par l'arrestation de son client en Suisse, où le cinéaste possède un chalet et se rend fréquemment, et a annoncé son intention de combattre une éventuelle extradition vers les Etats-Unis, dans un entretien publié lundi par Le Figaro.

«Nous ne nous attendions absolument pas à une telle arrestation dans la mesure où il se rend très régulièrement en Suisse, et ce depuis de nombreuses années», a déclaré Me Hervé Temime. «Il y possède même un chalet situé à Gstaad, le plus officiellement du monde.»

L'avocat, qui devait se rendre dimanche soir à Zurich, où M. Polanski a été arrêté sur mandat d'arrêt américain pour une affaire de moeurs remontant à 1977, a déclaré qu'il allait «demander sa remise en liberté» avant de se «défendre sur le fond (contre) la procédure d'extradition».

«Il apparaît déjà qu'un problème de prescription de l'action publique se pose à l'évidence dans une affaire où, faut-il le rappeler, la victime supposée de l'infraction s'est désistée depuis de très longues années», a poursuivi Me Temime.

La justice américaine dispose de 40 jours pour présenter une demande d'extradition officielle. Polanski pourra de son côté contester toute décision auprès du tribunal pénal fédéral, puis du Tribunal fédéral, la plus haute instance judiciaire helvétique.

Arrêté en 1977 à Los Angeles sur plainte des parents d'une adolescente de 13 ans, Polanski, aujourd'hui âgé de 76 ans, avait plaidé coupable de «relations sexuelles illégales» et passé un mois et demi en prison. Fin janvier 1978, menacé de retourner sous les verrous, il avait fui en Europe où il vit depuis.

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