Actualisé 31.10.2013 à 16:05

Espionnage-NSA«La Suisse ne collabore pas!» Vraiment?

Mercredi, Ueli Maurer assurait que les autorités helvétiques ne travaillent pas avec les espions américains. Mais un document publié par «El Mundo» laisse planer le doute.

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«Il n'y a aucune raison d'être hystérique», martelait mercredi le président de la Confédération, Ueli Maurer, qui rappelait que l'espionnage a toujours existé en Suisse et qu'il existera toujours. Il expliquait aussi que l'ampleur de la surveillance américaine depuis le pays ne l'étonne pas, à la lumière de l'évolution des technologies. «Le Conseil fédéral est déjà intervenu en juin auprès des Etats-Unis pour exiger des explications. Le 20 septembre, il a condamné toute activité de renseignement sur sol helvétique, quels qu'en soient les auteurs», a-t-il déclaré à l'ATS.

Le président de la Confédération et ministre de la Défense a aussi catégoriquement assuré que la Suisse ne collabore pas avec la NSA et qu'elle ne fournit aucune information à propos de politiciens. Il revenait sur des informations qui avaient fait des remous mardi, prétendant que l'Europe aidait régulièrement les Etats-Unis dans leur surveillance.

Mais un document, tiré de ceux mis aus jour par Edward Snowden et transmis par le journaliste du «Guardian» Glenn Greenwald au quotidien espagnol «El Mundo» laisse planer le doute. La Suisse y apparaît en tant que source de coopération ciblée (focused cooperation), ce qui signifie que le pays était appelé à soutenir ponctuellement les activités de la NSA en partageant des informations, dont la nature reste à définir. Parmi les pays considérés comme des aides plus actives figurent l'Australie, le Canada, la Grande-Bretagne et la Nouvelle-Zélande.

De quoi donner encore plus de grain à moudre à ceux qui n'ont pas digéré les déclarations d'Ueli Mauer mercredi soir. Dans les pages du «Matin», deux parlementaires, Jean-Christophe Schwaab (PS/VD) et Ueli Leuenberger (Verts/GE) se sont étonnés des réponses apportées par le ministre de la Défense aux questions ouvertes par les révélations du «Spiegel», laissant entendre que Genève abrite des activités de surveillance depuis la mission américaine à l'ONU. Le manque de transparence et la mollesse de sa réaction ne passent pas.

Quant au Service de Renseignement de la Confédération (SRC), il a encore assuré ne pas travailler avec la NSA, sans faire de commentaire sur le document. «Nous ne savons pas de quel document il s'agit. Il n'est pas vérifiable», a déclaré son porte-parole Renato Kalbermatten à «Blick».

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