Secret bancaire: «La Suisse ne doit pas entrer en guerre contre l'OCDE»
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Secret bancaire«La Suisse ne doit pas entrer en guerre contre l'OCDE»

Le secrétaire général de l'OCDE Angel Gurria appelle la Suisse à ne pas s'engager dans une guerre contre l'OCDE en représailles à son inscription sur la liste grise des paradis fiscaux.

La «nouvelle ambiance beaucoup plus dure» devrait inciter tous les Etats à remplir rapidement leurs engagements.

»Dans le cas de la Suisse, non seulement il y a eu une information préalable, mais on a travaillé sur cette question au plus haut niveau», déclare Angel Gurria dans une interview parue samedi dans «Le Temps». «Nous avons averti que la machine était lancée, qu'elle ne s'arrêterait pas, que la collision était imminente», ajoute-t-il.

Interrogé sur le critère des douze traités d'échange d'information pour remplir les conditions de l'OCDE, le secrétaire général semble un peu moins dogmatique. «Même si un pays se retrouve toujours avec zéro traité dans six mois, en raison de son processus politique, cela ne voudra pas dire que rien n'a été fait».

»Mais la dernière chose qu'il faut, c'est de s'engager dans une sorte de guerre avec l'OCDE», avertit le responsable. «Arrêtons de nous occuper de formalités, de procédures, concentrons-nous plutôt sur l'énormité de la tâche qui est devant nous et les conséquences d'un échec», déclare-t-il.

«La partie est terminée»

Et d'indiquer qu'il a à plusieurs reprises attiré l'attention de la Suisse sur l'évolution de la situation. Après la réunion ministérielle d'octobre à Paris, à laquelle la Suisse n'avait pas voulu participer et où une liste noire incluant la Suisse a été évoquée, M. Gurria lui a recommandé de faire «un mouvement unilatéral en direction de l'échange d'informations» et de se concentrer «sur le vrai message».

»Ça a été un premier pas pour que la Suisse comprenne la nouvelle ambiance qui régnait». Le second pas a été franchi en janvier, lors du forum de Davos. Le secrétaire général a expliqué que la «marge de manoeuvre politique était épuisée», que c'était la crise. «Et je me suis fait tirer les oreilles par M. Gerber, par Mme Leuthard.»

Le 12 mars, Angel Gurria dit avoir invité à un déjeuner le ministre du Luxembourg «avec deux hauts fonctionnaires suisse et autrichien, ainsi que leurs ambassadeurs». Il leur a dit «la partie est terminée. Il va falloir bouger». «Et la Suisse, l'Autriche, le Luxembourg et la Belgique se sont engagés à adopter le standard de l'OCDE.» (ats)

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