Secret bancaire: La Suisse ne sera pas invitée à la rencontre de Berlin
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Secret bancaireLa Suisse ne sera pas invitée à la rencontre de Berlin

La Suisse ne recevra pas d'invitation à la réunion de pays de l'OCDE sur les paradis fiscaux à Berlin.

Le secrétaire général de l'organisation appelle toutefois Berne à ne pas s'engager dans une guerre contre l'OCDE en représailles à son inscription sur sa liste grise.

Angel Gurria a à plusieurs reprises attiré l'attention de la Suisse sur l'évolution de la situation, indique-t-il samedi dans un entretien au journal «Le Temps». Après la réunion ministérielle d'octobre à Paris, à laquelle Berne n'avait pas voulu participer et où une liste noire incluant la Suisse a été évoquée, M. Gurria lui a recommandé de faire «un mouvement unilatéral en direction de l'échange d'informations».

«Ça a été un premier pas pour que la Suisse comprenne la nouvelle ambiance qui régnait». Le second pas a été franchi en janvier, lors du forum de Davos. Le secrétaire général a expliqué que la «marge de manoeuvre politique était épuisée», que c'était la crise. «Et je me suis fait tirer les oreilles par M. Gerber, par Mme Leuthard.»

Le 12 mars, Angel Gurria dit avoir invité à un déjeuner le ministre du Luxembourg «avec deux hauts fonctionnaires suisse et autrichien, ainsi que leurs ambassadeurs». Il leur a dit «la partie est terminée. Il va falloir bouger». «Et la Suisse, l'Autriche, le Luxembourg et la Belgique se sont engagés à adopter le standard de l'OCDE.»

Un peu d'eau dans son vin

Interrogé sur le critère des douze traités d'échange d'information pour remplir les conditions de l'OCDE, M. Gurria semble un peu moins dogmatique. «Même si un pays se retrouve toujours avec zéro traité dans six mois, en raison de son processus politique, cela ne voudra pas dire que rien n'a été fait».

Quant au directeur du Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) Jean-Daniel Gerber, il ne décolère pas. La liste de l'OCDE sur de prétendus paradis fiscaux est «mortifiante» et ne repose pas sur des critères économiques, déclare-t-il dans le quotidien «Der Bund». Pas question toutefois de remettre en cause la participation de la Suisse à l'OCDE, car les avantages dépassent de loin les inconvénients, précise M. Gerber.

Un refus en entraîne un autre

Si la Suisse ne recevra pas d'invitation à la réunion de pays de l'OCDE sur les paradis fiscaux, qui se tiendra le 23 juin à Berlin, ce n'est pas en raison de la tension actuelle entre les deux pays, mais parce que seuls les Etats qui ont participé à la conférence de Paris y sont conviés, selon le Ministère allemand des finances.

Comme la Suisse avait refusé de participer à cette conférence en octobre dernier, elle ne figure pas sur la liste des pays à inviter à la rencontre, a expliqué samedi à l'ATS Jeannette Schwamberger, porte-parole du Ministère allemand des finances. Elle précisait des informations publiées dans la presse.

La rencontre de Berlin doit permettre de poursuivre les discussions entamées en octobre à Paris, a souligné Mme Schwamberger. «C'est la raison pour laquelle Berne ne reçoit pas d'invitation. Il ne s'agit pas de marginaliser la Suisse». Pour les mêmes raisons, d'autres pays ne recevront d'ailleurs pas non plus d'invitation.

Berne se tâte

Pour le moment, la question de savoir si la Suisse pourrait tout de même participer à la conférence, si elle le demande activement, reste ouverte. La décision tombera seulement si le cas se présente vraiment, a déclaré Mme Schwamberger.

La Berne fédérale n'a pas encore décidé si elle entend s'activer en ce sens. Cette option doit encore être examinée, a précisé à l'ATS Delphine Jaccard, porte-parole du Département fédéral des finances. (ats)

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