Interdiction totale: La Suisse ne veut plus importer le phoque
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Interdiction totaleLa Suisse ne veut plus importer le phoque

Les produits issus de phoques devraient être soumis en Suisse à une interdiction totale, et pas seulement à des restrictions.

La chasse aux phoques est considérée comme particulièrement cruelle par certains.

La chasse aux phoques est considérée comme particulièrement cruelle par certains.

Souhaitant s'aligner sur l'UE et les Etats-Unis, le National a décidé mercredi, par 149 voix contre 2, d'aller plus loin que ne le proposait le Conseil des Etats.

La Chambre des cantons a adopté en septembre une motion fixant des critères restrictifs. Selon ce texte, l'importation, le transit, le commerce et le traitement de produits issus du phoque seraient admis uniquement si ces produits proviennent d'une chasse qui a été autorisée, contrôlée par l'Etat et qui s'est manifestement déroulée dans le respect des normes de protection des animaux.

Chasse cruelle

Ces mesures ne vont pas assez loin, ont jugé les députés qui ont adopté leur propre texte. Il n'est pas acceptable de se montrer si réticent à légiférer vu la cruauté des méthodes utilisées pour tuer les phoques, qui sont écorchés vifs, a lancé Oskar Freysinger (UDC/ VS) au nom de la commission.

Et de s'interroger sur les moyens de contrôler efficacement le respect des normes de protection des animaux. «Faut-il envoyer des vétérinaires suisses au Canada?» Qui plus est la chasse aux phoques se fait en pleine nature, sur la glace, sur une surface plus grande que la France.

Selon le Valaisan, la Suisse n'a pas à craindre des rétorsion. L'interdiction portant sur les fourrures de chiens et de chats n'a pas poussé Pékin à se venger. Mieux vaut donc suivre l'exemple de Bruxelles et et interdire tout commerce de produits dérivés du phoque. Sinon la Suisse deviendra la plaque tournante du trafic de ce genre de biens.

Exceptions prévues

Deux exceptions seraient prévues à l'interdiction: d'une part si les produits proviennent de la chasse traditionnelle pratiquée par les Inuits et d'autres communautés indigènes à des fins de subsistance et, d'autre part, si l'importation concerne exclusivement des marchandises destinées à l'usage personnel des voyageurs ou des membres de leur famille.

La ministre de l'économie Doris Leuthard a plaidé en vain pour le texte du Conseil des Etats, qui devra se reprononcer sur la question. Des dispositions plus souples permettraient de prévenir une éventelle décision de l'Organisation mondiale du commerce devant laquelle le Canada et la Norvège sont intervenus pour combattre la réglementation européenne.

(ats)

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