Coupe du Monde 2014: La Suisse obtient sa qualification pour le Brésil
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Coupe du Monde 2014La Suisse obtient sa qualification pour le Brésil

Dans la poudrière du Qemal Stafa, la Suisse a gardé son sang-froid et composté son billet pour le Mondial brésilien. Elle s'est imposée 1-2 face à une Albanie accrocheuse.

par
Marc Fragnière
Tirana

Dans une atmosphère étouffante et sur une pelouse qui s'est transformée en bourbier sitôt l'échauffement entamé, les Helvètes ont affiché une solidarité sans faille. Ils ont obtenu ce qu'ils étaient venus chercher, à savoir les trois points et une dixième qualification à la phase finale d'un Mondial. Les joueurs de souche albanophone en tête, les hommes d'Ottmar Hitzfeld se sont serré les coudes avant de parvenir à faire la différence au bon moment par l'inexpérimenté Michael Lang, sur un coup franc de l'inévitable Gökhan Inler.

Le momentum était helvétique

Sur l'action qui a précédé le 0-2 du latéral droit de GC à la 78e, la Nati avait senti le vent du boulet. Trahi par ses appuis précaires sur le marécage de Qemal Stafa, Diego Benaglio avait eu le bonheur de voir la frappe du remplaçant Odise Roshi s'écraser sur sa transversale. Esseulé sur le côté gauche, le très remuant Hamdi Salihi a tiré à côté de la cage vide. Ce double coup du sort a éteint le stade.

En mal de réalisme durant cette campagne, la Nati a complètement inversé la tendance vendredi soir à Tirana. Elle a conclu deux de ses trois véritables occasions. La troisième – un coup de tête de Valentin Stocker sur un service de Granit Xhaka - s'est écrasée sur le poteau d'Etrit Berisha, à la 20e.

Comme souvent sous le maillot national, Xherdan Shaqiri a fait merveille en marquant le 1-0 à la 47e. Le lutin génial a profité d'un tir manqué de Granit Xhaka pour ouvrir le score. Avant son remplacement à la 53e par Admir Mehmedi, le joueur du Bayern s'était retrouvé dans presque tous les bons coups helvétiques. Après sa sortie, son abattage a fait défaut au onze d'Hitzfeld et les débats se sont équilibrés. La Suisse a ployé sous les assauts de la troupe de Gianni De Biasi. Elle a même encaissé un goal sur penalty à la 88e. Trop tard pour transformer le rêve confédéré en cauchemar. Ouf!

Les réactions des Suisses

Steve von Bergen: «Le match a été très difficile et nous n'avons pas été capable de proposer notre jeu. La qualification était notre objectif et nous sommes heureux, surtout que nous avions raté le coche contre l'Islande. Ce penalty tombé en fin de rencontre nous a crispés et on n'était pas à l'abri d'une tuile, mais tout s'est bien terminé. Et c'est à nouveau un néophyte qui marque le but décisif, c'est vraiment super pour Michael. Maintenant on veut bien finir, parce que ce serait une première de se qualifier pour une phase finale sans perdre un seul match.»

Gelson Fernandes: «Cette qualification est totalement méritée. Et je vois un vrai potentiel au sein de cette équipe. Les jeunes sont vraiment jeunes et les joueurs expérimentés sont en pleine possession de leurs moyens. Je suis fier de faire partie de cette équipe. C'était très délicat ce soir sur ce terrain, mais nous avons répondu présents. Et encore une fois, lorsque l'on regarde l'effectif, on se dit qu'il y a quelque chose à jouer au Brésil.»

Michael Lang: «Je n'arrive pas à croire que j'ai marqué. Je suis heureux et surpris à la fois, surtout que c'était un match décisif et que c'était un but important, car ce 2-0 nous a permis d'être plus tranquilles.»

Haris Seferovic: «Je n'ai jamais eu peur. L'ambiance? Le contexte avec nos six joueurs d'origine albanaise? Nous n'avons pas été perturbés par ces facteurs. Le Brésil était un rêve. Je vais le réaliser. J'étais loin du compte en début d'année. J'étais dans une impasse à la Fiorentina. J'ai heureusement pu rebondir. Je ne dirais pas que ce but contre Chypre a changé ma vie. Il y en a d'autres. Mais c'est vrai, son importance fut capitale.»

Valon Behrami: «Je suis très heureux. Nous avions commencé de la bonne manière la campagne. On s’était ensuite un peu compliqué la tâche en égarant des points contre la Norvège et à Chypre. Nous avions toutefois toujours su mettre de la qualité dans notre jeu. Contre l’Albanie ce n’était pas facile. Le terrain était très difficile mais on a fait preuve d’efficacité. Le public local ne nous a témoigné aucun respect, mais je ne m’attarde pas sur cela. Tout ce qui m’intéresse, c’est la qualification. Elle est une juste récompense pour ce que nous avons démontré durant cette campagne. Notre équipe a toujours été unie et solidaire. On a également prouvé contre le Brésil qu’en jouant tous ensemble, on était capables d’obtenir des résultats. Le Brésil ? Ce sera mon premier vrai Mondial. J’ai déjà participé à deux autres, mais c’est la première fois que j’ai un rôle important et que je me sens super bien dans l’équipe.

Lorik Cana, capitaine de l’Albanie: «Bonne chance à la Suisse au Brésil. On lui souhaite le meilleur, c’était elle l’équipe la plus forte du groupe. Pour notre part, nous sommes en phase de construction. Nous avons essayé de jouer sans parvenir à conclure nos opportunités et dans l’enchaînement, la Suisse a marqué. On aurait préféré avoir Shaqiri, Xhaka et les autres avec nous. Leur place est chez nous mais ils ont fait leur choix. Bravo pour leur qualification. On sera bien évidemment leurs premiers supporters au Brésil».

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