ONU/racisme: La Suisse participera à la conférence de Durban II
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ONU/racismeLa Suisse participera à la conférence de Durban II

La Suisse a décidé de participer à la conférence de l'ONU contre le racisme (Durban II), prévue dès lundi à Genève.

Le projet de document final adopté vendredi respecte les lignes fixées par le Conseil fédéral, a indiqué samedi le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

La composition de la délégation sera annoncée ultérieurement, a aussi précisé le DFAE.

Vendredi, un porte-parole du DFAE avait dit à l'ATS que la Suisse attendait de voir si le projet de compromis dépassait «ou non les lignes rouges fixées par le Conseil fédéral».

Comme condition de sa participation, la Suisse avait exigé que le projet de document soumis à la conférence ne stigmatise pas un pays en particulier, ne propose pas de nouvelles obligations et garantisse la liberté d'expression (pas de mention de la diffamation des religions).

Discussion entre pays de l'UE

Des consultations se poursuivaient ce week-end entre Européens sur une décision de participation à la conférence et sur son niveau, a indiqué samedi le ministère français des Affaires étrangères, cité par l'AFP.

Une conférence téléphonique a réuni les chefs de la diplomatie français, allemand, britannique, néerlandais et tchèque, a précisé cette même source. Un nouvel entretien est prévu dimanche, selon un diplomate français. Les Etats-Unis n'ont pas encore officialisé leur position.

La Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Navi Pillay s'est elle félicitée vendredi de l'adoption du projet de document.

Lors du débat, Cuba a regretté au nom des pays non-alignés «les sacrifices faits sur plusieurs sujets» et que la réunion préparatoire ne soit pas parvenue à «une déclaration plus ambitieuse».

Rencontre Merz-Ahmadinejad

Le Pakistan, au nom de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), a parlé aussi de «sacrifices importants» acceptés par son groupe dans le but de parvenir à l'élimination de la discrimination raciale.

Dimanche, en marge de cette conférence de l'ONU, le président de la Confédération Hans-Rudolf Merz doit rencontrer son homologue iranien Mahmoud Ahmadinejad à son arrivée à Genève.

Dans une interview publiée samedi par la «Tribune de Genève» et «24 Heures», le conseiller d'Etat genevois Laurent Moutinot juge déplacée la polémique autour de sa poignée de main prévue avec le président iranien. Si Genève ne veut plus accueillir certains chefs d'Etat, «nous devons alors renoncer à notre statut de ville internationale et nous spécialiser dans le macramé ou la dentelle.»

Centaines de manifestants

L'accueil de Mahmoud Ahmadinejad par un conseiller d'Etat fait grincer des dents ceux qui jugent le représentant de la République islamique d'Iran infréquentable.

Le président iranien prononcera lundi un discours dans le cadre de la conférence.

L'ONU a indiqué vendredi que 3790 délégués au total se sont accrédités pour la conférence et que 103 pays ont confirmé leur présence, dont 32 ministres et quatre chefs d'Etat. Plus de 2500 délégués d'ONG sont enregistrés pour assister à la réunion.

Samedi, une manifestation contre le racisme a rassemblé entre 600 et 700 personnes à Genève. Elle était organisée notamment par ACOR/ SOS Racisme, la Ligue des musulmans de Suisse, les syndicats et les partis de la gauche genevoise. (ats)

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