Succession FMI: La Suisse penche pour un non-européen
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Succession FMILa Suisse penche pour un non-européen

La Suisse estime qu'une candidature non-européenne pour succéder à Dominique Strauss-Kahn à la tête du Fonds monétaire international est peut-être une meilleure solution.

La Suisse n'apportera a priori pas son soutien à un candidat européen à la succession de Dominique Strauss-Kahn à la tête du Fonds monétaire international. Une personne extérieure aux déboires de la zone euro pourrait se révéler une meilleure solution, estime René Weber, qui siège au conseil d'administration du FMI.

«L'argument selon lequel un patron européen du FMI est actuellement très important parce que l'institution est fortement liée à la solution de la crise de la dette dans les pays européens ne me convainc pas», a déclaré René Weber, le représentant suisse au conseil d'administration du FMI, dans une interview publiée par le journal alémanique «Der Sonntag».

«Au contraire, cela pourrait être plus positif si une personne extérieure met en lumière les points faibles à l'intérieur de la zone euro», avance René Weber.

Le responsable suisse est l'un des 24 membres du conseil d'administration qui devra déterminer d'ici à fin juin le successeur de Dominique-Strauss Kahn, démissionnaire après son inculpation aux Etats-Unis pour crimes sexuels.

En position de faiblesse

René Weber n'exclut pas que l'Europe perde les commandes du FMI. «La situation est en tout cas plus ouverte que dans les successions précédentes». En fin de compte, le choix sera déterminé par les qualifications des candidats. «La Suisse ne soutient a priori pas un candidat européen», indique-t-il.

Dans une interview accordée à la «NZZ am Sonntag», René Weber a également précisé que le nom du président de la Banque nationale suisse (BNS), Philipp Hildebrand, avait été évoqué. «Monsieur Hildebrand a en effet été mentionné en coulisses comme candidat très valable», a-t-il ajouté, alors que le patron de la BNS a démenti vendredi passé être candidat.

Ses propos interviennent alors que le nom de la ministre française de l'économie Christine Lagarde circule pour succéder à Dominique Strauss-Kahn. Mais pour René Weber, la partie n'est pas gagnée.

«La situation des pays européens n'est pas la même que dans les successions précédentes», a-t-il ajouté dans «Der Sonntag». Les pays européens se trouvent «dans une position de faiblesse, parce que beaucoup de pays de l'Union européenne sont devenus des bénéficiaires de crédit». La Grèce, l'Irlande et le Portugal «ont reçu de gros crédits du FMI».

Les pays émergents au contraire «ont clairement plus confiance en eux», poursuit René Weber, qui ajoute qu'»ils ont démontré, à raison, que la crise financière trouve sa source dans les pays occidentaux».

Nomination au mérite

Un avis que partagent l'Australie et l'Afrique du Sud. Les deux pays ont appelé dimanche à changer les règles d'attribution de la présidence du FMI. En vertu d'un accord de longue date entre l'Europe et les Etats-Unis, le poste de directeur général du FMI a toujours été occupé par un Européen alors que le patron de la Banque mondiale a toujours été un Américain.

Mais le Trésorier australien Wayne Swan et le ministre sud- africain des Finances Pravin Gordhan, qui président conjointement au G20 le groupe de réforme du FMI, soutiennent que le poste de successeur de M. Strauss-Kahn devrait être choisi en fonction de son mérite.

«Depuis trop longtemps la légitimité du FMI est entamée par un accord qui détermine sur la nationalité le choix de sa direction», écrivent-ils dans un communiqué conjoint.

«Pour maintenir la confiance, la crédibilité et la légitimité de ses membres, il doit y avoir une règle de sélection transparente qui aboutisse à la nomination de la personne la plus compétente au poste de directeur général, sans tenir compte de sa nationalité», poursuivent-ils. (ats)

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