Secret bancaire: La Suisse pourrait demander des contreparties aux Etats-Unis
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Secret bancaireLa Suisse pourrait demander des contreparties aux Etats-Unis

Si un nouvel accord de double imposition est négocié avec les Etats-Unis, la Suisse pourrait demander des contreparties.

Selon le président de la Confédération Hans-Rudolf Merz, la législation de certains Etats américains s'écarte des standards internationaux.

«Dans le Delaware, on peut très facilement ouvrir des comptes, le principe du 'connais tes clients' n'ayant pas cours», affirme dimanche le conseiller fédéral dans un entretien au «SonntagsBlick». La Suisse pourrait exiger un meilleur respect des standards internationaux par les Etats-Unis.

«Faute de quoi nous pourrions réfléchir à des moyens d'attirer de façon légale des capitaux», poursuit M. Merz. Le ministre se dit en outre confiant que la Suisse ne figurera pas sur une liste noire. «Nous recevons actuellement des signaux positifs de l'UE», qui donnent à penser que le G20 ne mettra pas la Suisse à l'index.

Pas de communication à l'étranger

Le Conseil fédéral n'a pas encore mis en oeuvre sa stratégie de communication internationale dans le dossier du secret bancaire. Présence Suisse, organe chargé de valoriser l'image du pays à l'étranger, attend son feu vert pour agir, a indiqué son directeur Johannes Matyassy samedi dans un entretien au journal «Le Temps».

Dans un premier temps, le Conseil fédéral a «délibérément» renoncé à faire assaut de communication à l'étranger, «car il était essentiel de fixer en priorité le contenu de cette communication», souligne M. Matyassy. Le gouvernement a «toutefois défini sans attendre la stratégie de communication à appliquer dans la phase suivante».

Une analyse de Présence Suisse a montré que les besoins les plus importants en termes d'information se situent en Allemagne. Différentes manifestations consacrées à la place financière suisse et à la coopération en matière fiscale sont prévues en mai et en juin dans ce pays.

La Suisse fait l'objet d'attaques virulentes du ministre des finances allemand Peer Steinbrück. Celles-ci laissent Hans-Rudolf Merz de marbre. Son avis ne représente pas celui de son pays, affirme le grand argentier suisse dans le «SonntagsBlick».

Merz à disposition de Steinbrück

Si M. Steibrück croit que ses invectives vont aboutir à quelque chose, il se trompe lourdement, assène M. Merz. «S'il veut me rencontrer, je suis à disposition». Le Département fédéral des finances n'a pour l'heure pas reçu de demande en ce sens.

A l'étranger, Peer Steinbrück ne fait pas l'unanimité. Sa proposition de loi contre les paradis fiscaux est devenue inutile, affirme le porte-parole du groupe CDU-CSU au Bundestag Otto Bernhardt. L'assouplissement du secret bancaire concédé par la Suisse est suffisant, indique-t-il dans la «NZZ am Sonntag».

Le groupe CDU-CSU exclut de se montrer soupçonneux à l'égard de toutes les entreprises faisant des affaires avec la Suisse. Il n'exigera pas non plus, contrairement au SPD, que l'échange automatique d'informations en matière fiscale soit pratiqué, précise M. Bernhardt.

Autre détracteur du grand argentier allemand: l'ancien secrétaire d'Etat Franz Blankart, pour qui «l'indignation est la passion du faible». Ce genre de politicien ne supporte pas qu'on sous-estime sa capacité à causer des dégâts, avance M. Blankart dans la «Zentralschweiz am Sonntag».

(ats)

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