Actualisé 29.09.2011 à 04:52

Tunisie/fortune Ben Ali

La Suisse propose une action via l'ONU

La Suisse a proposé de mener une action pour accélérer la restitution des avoirs à l'étranger de l'ancien président tunisien Ben Ali.

La Suisse a gelé 60 millions de francs appartenant à la Tunisie.

La Suisse a gelé 60 millions de francs appartenant à la Tunisie.

La présidente de la Confédération helvétique, Micheline Calmy-Rey, a proposé mercredi une action internationale pour accélérer la restitution des avoirs à l'étranger de l'ex-président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali, dont 60 millions de francs gelés en Suisse.

«Le Conseil de sécurité de l'ONU pourrait adopter des sanctions permettant la confiscation des avoirs à l'étranger de l'ancien dictateur», a-t-elle déclaré, citant l'exemple de la Libye qui a pu ainsi récupérer des fonds déposés par Mouammar Kadhafi.

«La communauté internationale peut s'accorder sur une solution multilatérale. C'est là une piste à explorer compte tenu de l'urgence qu'il y à rendre justice au peuple tunisien en lui restituant les avoirs qui lui appartiennent», a dit Mme Calmy-Rey.

Réunion du groupe de travail UE-Tunisie

Elle participait mercredi soir à l'ouverture d'une première réunion du groupe de travail UE-Tunisie aux côtés du chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton et du Premier ministre tunisien Béji Caïd Essebsi.

L'examen d'«actions concrètes» pour récupérer les avoirs de Ben Ali est notamment à l'ordre du jour de cette réunion qui s'achèvera jeudi.

Pour l'heure, a relevé Mme Calmy-Rey, «aucune sanction onusienne n'a été adoptée, nous avons gelé les fonds identifiés de M. Ben Ali dès le 19 janvier sur la base d'une ordonnance fédérale. On est maintenant dans l'application des règles d'entraide judiciaires pour procéder à leur confiscation et pouvoir les restituer» aux Tunisiens.

Elle a cependant tenu à souligner la lenteur des procédures, affirmant que «si des solutions multilatérales plus rapides peuvent être trouvées pour accélérer les délais», la Suisse est prête à y adhérer.

Saluant «le savoir-faire» des magistrats tunisiens qui ont activé la demande de blocage des avoirs de Ben Ali peu après sa fuite le 14 janvier, elle a indiqué que le recouvrement était «un processus complexe qui nécessite un partenariat solide» entre Berne et Tunis.

Un expert suisse qui a séjourné ces derniers mois en Tunisie pour contribuer à une enquête criminelle financière, a révélé que les autorités tunisiennes avaient une enquête en cours contre Ben Ali pour «soupçons de blanchiment».

La Suisse exige que la justice tunisienne apporte la preuve que les fonds gelés sont d'origine criminelle.

Mme Calmy-Rey a par ailleurs indiqué à la presse que son pays examinait la restitution à la Tunisie d'un jet privé bloqué en Suisse appartenant à Sakhr El Materi, gendre préféré de Zine El Abidine Ben Ali, réfugié au Qatar. (afp)

Al-Mahmoudi toujours en prison malgré son acquittement

L'ancien Premier ministre libyen Al-Baghdadi Al-Mahmoudi, contre lequel un mandat d'amener a été lancé mercredi à Tripoli, est encore détenu dans la prison de Mornaguia, près de Tunis, ont révélé à l'AFP ses avocats, dénonçant une «manoeuvre» politique.

«Son maintien en détention malgré son acquittement par la justice mardi n'est pas légal, c'est une manoeuvre destinée à permettre l'émission du mandat d'amener», a affirmé Me Mabrouk Kourchid.

Ses deux co-accusés, poursuivis comme lui pour «franchissement illégal de la frontière» et acquittés en appel se sont vus remettre leurs effets et leurs téléphones par le ministère de l'Intérieur avant d'être réincarcérés à la prison de Mornaguia (14 km de Tunis), selon les avocats.

Le procureur général libyen a émis mercredi un mandat d'amener contre l'ex-Premier ministre Al-Baghdadi Al-Mahmoudi pour le faire venir de Tunisie, a indiqué le ministre libyen de la Justice par intérim Mohammed al-Alagui.

«Le procureur général a lancé une enquête après qu'un grand nombre de citoyens ont porté plainte contre Al-Baghdadi Al-Mahmoudi et a émis un mandat d'amener pour le faire venir de Tunisie», a déclaré M. Alagui au cours d'une conférence de presse à Tripoli.

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