17.09.2020 à 11:16

DjihadismeLa Suisse recadre un groupe de travail onusien

Le groupe de travail de l’ONU sur l’utilisation de mercenaires avait recommandé à la Suisse de rapatrier des djihadistes dans certaines situations. Une proposition qui outrepasse son mandat, ont réagi les autorités helvétiques.

L’ambassadeur suisse à l’ONU à Genève Jürg Lauber estime que le groupe de travail de l’ONU sur l’utilisation de mercenaires a outrepassé son mandat (archives).

L’ambassadeur suisse à l’ONU à Genève Jürg Lauber estime que le groupe de travail de l’ONU sur l’utilisation de mercenaires a outrepassé son mandat (archives).

KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

La Suisse recadre le groupe de travail de l’ONU sur l’utilisation de mercenaires. Après l’appel lancé par celui-ci au Conseil fédéral à aider des terroristes suisses détenus à l’étranger, elle a estimé jeudi à Genève que ces experts outrepassaient leur mandat.

Dans un rapport publié il y a quelques semaines, trois membres du groupe d’experts indépendants avaient recommandé à la Suisse des rapatriements dans certaines situations. Notamment lorsque «des éléments crédibles» laissent penser que ces personnes, détenues, poursuivies ou condamnées, pourraient être torturées ou ne pas être l’objet d’un procès équitable.

«La Suisse tient à souligner la différence» entre terroristes qui partent à l’étranger et mercenaires, a affirmé jeudi devant le Conseil des droits de l’homme l’ambassadeur suisse à l’ONU à Genève Jürg Lauber. Si elle reconnaît les inquiétudes du groupe de travail, elle considère que le rapatriement de djihadistes «dépasse le cadre du mandat» de ces experts indépendants. Mais elle se dit ouverte à une discussion sur cette question avec un mécanisme qui serait adapté.

Plusieurs djihadistes suisses partis rejoindre l’Etat islamique (EI) sont retenus par les autorités kurdes dans le nord-est de la Syrie depuis que le groupe terroriste a perdu le contrôle de cette zone. Malgré les appels de l’ONU ou du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) aux Etats à rapatrier leurs ressortissants, le Conseil fédéral s’est toujours opposé à ce scénario en raison de considérations sécuritaires.

Mercredi, M. Lauber avait déjà ciblé les critiques sur les personnes handicapées lancées par le rapporteur spécial sur le droit au développement. Tous ces experts indépendants, qui ne s’expriment pas au nom de l’ONU, avaient mené l’année dernière des visites en Suisse. Leurs rapports ont été abordés au Conseil des droits de l’homme à Genève.

(ATS/NXP)

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