Politique environnementale – La Suisse recule au classement climatique par pays
Publié

Politique environnementaleLa Suisse recule au classement climatique par pays

Notre pays perd une place et se classe 15e dans la dernière comparaison internationale des efforts de protection du climat. Mais il plonge en politique climatique nationale.

par
Christine Talos
Le classement général mondial en couleurs. La Suisse est en vert.

Le classement général mondial en couleurs. La Suisse est en vert.

CCPI

La Suisse perd encore une place et se retrouve 15e au classement général des pays en termes d’efforts climatiques. C’est ce qui ressort du dernier «Climate change performance index» (CCPI) soit la comparaison des performances en matière de protection du climat de 60 pays et de l’Union européenne dans son ensemble réalisée par l’ONG environnementale allemande Germanwatch et le New Climate Institute. Autant de pays qui représentent à eux seuls 92% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Ce classement a été présenté ce mardi lors de la Conférence de Glasgow de 2021 sur les changements climatiques (COP26).

Les premières places restent vacantes, aucun pays ne se trouvant sur une trajectoire de limitation du réchauffement à 1,5 degré.

Les premières places restent vacantes, aucun pays ne se trouvant sur une trajectoire de limitation du réchauffement à 1,5 degré.

Climate Change Performance Index

La Suisse se retrouve ainsi loin derrière les pays scandinaves, qui trustent les premières places du classement. Le Maroc, le Chili ou l’Inde (8e, 9e et 10e) font également tous mieux que notre pays qui se retrouve aussi derrière l’Allemagne et la Grande-Bretagne. À noter toutefois que les places 1 à 3 sont toujours vacantes, aucun pays ne se trouvant sur une trajectoire de limitation du réchauffement à 1,5 degré. Le Danemark, la Suède et la Norvège occupent du coup les rangs 4 à 6, grâce aux progrès réalisés dans le domaine des énergies renouvelables, notamment l’éolien, et à une bonne politique climatique. L’Arabie saoudite et le Kazakhstan ferment le classement.

La Suisse perd une position. 

La Suisse perd une position.

Climate Change Performance Index

Dégringolade en politique climatique nationale

Comme l’année dernière, la Suisse affiche des bonnes performances dans les catégories Émissions de gaz à effets de serre et Consommation d’énergie (14e rang), et des performances moyennes (22e) dans la catégorie Énergie renouvelable. Comme son bouquet électrique comprend une part importante de force hydraulique et d’énergie nucléaire, elle s’en sort automatiquement bien.

En revanche, elle perd 11 rangs dans la catégorie politique climatique et dégringole même de la 23e à la 51e place en politique climatique nationale! Cette chute spectaculaire est à mettre sur le compte de l’échec de la loi sur le CO2 dans les urnes en juin dernier. «La Suisse s’est engagée en 2021 à atteindre des émissions nettes nulles d’ici 2050, mais aucune autre politique n’a été mise en place pour atteindre cet objectif», reproche ainsi le CCPI.

Greenpeace et le WWF critiques

Ce classement n’a pas manqué de faire réagir les organisations environnementales suisses. «Nous ne pouvons pas être fiers de notre 15e place. La Suisse a la capacité d’être un pionnier en matière de protection du climat. Mais ses ambitions en la matière sont bien trop faibles», estime Georg Klingler, chargé de campagne climat pour Greenpeace Suisse. «Au lieu de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre sur son territoire, la Suisse cherche toujours plus de moyens de compenser le CO2 à l’étranger. Il s’agit d’un tour de passe-passe comptable trompeur par lequel nous ne contribuons pas à la résolution de la crise climatique, mais défendons seulement notre mode de vie et ses conséquences nocives pour le climat».

Même son de cloche du côté du WWF. «La contribution de la Suisse au maintien d’un climat stable est presque nulle. Notre pays ne s’acquitte pas de ses engagements internationaux et expose ainsi la population aux conséquences dramatiques du réchauffement climatique», critique Patrick Hofstetter, expert en protection du climat au WWF Suisse. «En sa qualité de pays riche, elle doit et peut faire mieux». L’expert prône dès lors «un développement massif de la production d’électricité solaire, un objectif climatique national plus ambitieux jusqu’en 2030 et le remplacement rapide des chauffages à mazout et à gaz par des alternatives écoresponsables».

Ton opinion

75 commentaires