Restaurants: La Suisse romande épargnée par les fermetures à 19h… pour l’instant
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RestaurantsLa Suisse romande épargnée par les fermetures à 19h… pour l’instant

Magasins, bars, restaurants, cinémas, musées: tout devra fermer à 19h, ainsi que les dimanches et les jours fériés. Mais la Confédération récompense les cantons romands en leur permettant une petite exception.

par
Yannick Weber, David Ramseyer
keystone-sda.ch

La colère des cantons romands semble avoir été entendue à Berne. Le Conseil fédéral a particulièrement encensé la Suisse romande lors de sa conférence de presse ce vendredi, où il a annoncé de nouvelles restrictions nationales pour contenir la reprise de l’épidémie. «On sait ce qui marche: les cantons romands en ont fait la démonstration», a reconnu Alain Berset, qui a par ailleurs plusieurs fois salué la bonne coordination des cantons romands par rapport à la réouverture des restaurants.

Exception pour les Romands…

En bref, les bars et les restaurants devront fermer à 19h, tous les jours, sauf le 24 décembre et le soir du Nouvel-An. En revanche, ils pourront toujours proposer la vente à l’emporter jusqu’à 23h. Pour ce qui est des magasins, des musées, des cinémas, des bibliothèques, des établissements de loisirs et de sport, ils devront aussi fermer à 19h, ainsi que tous les dimanches et jours fériés.

Une seule exception est prévue: bars et restaurants pourront ouvrir jusqu’à 23h si le canton où ils se trouvent respecte des critères épidémiologiques définis par la Confédération. Dans le détail, il faut que le taux de reproduction du virus soit inférieur à 1 pendant au moins 7 jours consécutifs, et que l’incidence par habitants soit inférieure à la moyenne nationale, également pendant 7 jours de suite.

… mais attention!

«À l’heure actuelle, cela concerne les cantons romands, mais pas le canton de Berne par exemple», a détaillé Alain Berset. Mais le ministre a tenu à mettre en garde: «Depuis deux semaines et l’annonce des réouvertures, le taux de reproduction a commencé à y remonter.»

En fin d’après-midi, le canton de Fribourg a confirmé qu’il allait profiter de ce régime d’exceptions. «Le Conseil d’Etat a tenu cet après-midi une séance extraordinaire, annonce-t-il. Il a décidé de laisser en vigueur jusqu’à nouvel avis les mesures existantes. (…) Tant que la situation le lui permettra, il fera tout pour laisser ouvert les établissements publics.» Le canton du Jura lui a emboîté le pas, confirmant que les établissements publics pourront rester ouverts jusqu’à 23h. Le Gouvernement a toutefois regretté la «dépendance à des indicateurs qu’il s’agira de suivre au jour le jour». Les décisions des autres cantons devraient suivre.

Pour la suite, si ce taux dépasse 1 pendant trois jours consécutifs, la peine sera sans appel: l’exception prendra immédiatement fin. «Certains trouveront que les mesures sont trop permissives, d’autres trouveront qu’elles seront trop restrictives. Mais on ne peut pas attendre plus longtemps. Peu importe qui décide quoi, ce qui compte c’est que les infections diminuent, a exprimé pour sa part la présidente de la Confédération, Simonetta Sommaruga.

Noël en petit comité?

Les fêtes de Noël représentent, comme dans les autres pays européens, le principal souci des autorités. Les rassemblements dans le cadre privé seront toujours limités à 10 personnes. Il est par ailleurs recommandé, mais non imposé, de limiter les rassemblements à deux ménages au maximum. «Le message est assez simple, on doit continuer à vivre, au ralenti, mais les soirées doivent être réservées au cadre privé, à la maison, avec si possible très peu de contacts», a dit Alain Berset.

À Genève, on applaudit

Il est 14h, ce vendredi, le patron d’un célèbre pub du centre-ville de Genève a les yeux rivés sur la télévision qui trône derrière le bar. Le Conseil fédéral apparaît à l’écran. Mahrez Agrebi triture nerveusement sa moustache, et lorsque la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga annonce une fermeture des bars et restaurants à 19h, l’homme accuse le coup: «Je suis effondré.» Mais dans la foulée, les autorités parlent d’exception à 23h pour les cantons bons élèves, ainsi que le voulaient les autorités romandes. Applaudissements des clients dans la salle, tandis que le tenancier genevois ne sait plus quoi croire: «C’est pour nous ça? C’est juste, hein? Non, si? Je suis un peu perdu, là.» Si Mahrez Agrebi attend une ultime confirmation qu’au bout du lac, ses collègues et lui pourront ouvrir jusqu’à 23h, il se dit confiant: «Le Canton de Genève a dit qu’il souhaitait pareil horaire. S’il devait revenir en arrière, il en irait de sa crédibilité.»

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