Actualisé 26.11.2015 à 10:48

Climat

La Suisse souffre deux fois plus des bonds du mercure

Un spécialiste analyse les conséquences d'un réchauffement climatique de quelques degrés dans le pays.

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ats/jbm
Quelques degrés de plus pourraient mettre en péril les pistes de ski.

Quelques degrés de plus pourraient mettre en péril les pistes de ski.

A quatre jours de la Conférence mondiale sur le climat à Paris, José Romero, responsable du domaine Science Environnement International à l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), n'est pas optimiste sur la situation dans notre pays. «Un réchauffement moyen mondial de 2 degrés se traduirait en Suisse par une hausse de la température de 4 degrés» indique-t-il. Pourquoi? Cette augmentation est une moyenne entre zones continentales et océans. Or les continents se réchauffent plus que les océans. Pour la Suisse, pays continental, la hausse est donc plus élevée. «On constate qu'en Suisse, le niveau du zéro degré s'élève de 60 m tous les 10 ans en hiver, et de 75 m en été. Il fait donc de plus en plus chaud de plus en plus haut», ce qui pourrait modifier la végétation.

Moins de jours de gel

Parmi les effets déjà observés, MétéoSuisse et l'OFEV mentionnent l'augmentation du nombre de jours de plus de 30 degrés et le recul de celui des jours de gel: une centaine à Zurich dans les années soixante contre une septantaine aujourd'hui.

Impacts néfastes

Suivant les mesures prises pour diminuer les émissions globales de gaz à effet de serre, les conséquences seront différentes. Les modifications climatiques ne s'annoncent pas des moindres: disparition des glaciers dans le pire des cas, diminution des pluies en été avec risque de sécheresse, multiplication des pluies torrentielles entre autres. Avec un impact certain sur l'environnement, mais aussi la santé, l'économie, la société suisse dans son ensemble: crues, glissements de terrain, dégradation de la qualité de l'eau, des sols et de l'air et propagation de nouvelles maladies ou d'organismes nuisibles.

Positif contrebalancé

Le réchauffement climatique n'apporte pas que des effets négatifs. «Mais le bilan entre les plus et les moins penche nettement du côté négatif» confirme Martine Rebetez, professeure de climatologie auprès de l'institut WSL et à l'Uni de Neuchâtel. «Avec quelques degrés de plus, les hivers sont mosins longs et il y a moins besoin de chauffer par exemple. Mais avec des étés plus chaud, le besoin en climatisation augmente avec une consommation énergétique accrue.»

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