Actualisé 26.06.2008 à 19:00

La Suisse tire un premier bilan positif de l'Euro

L'heure est au sourire au lendemain du dernier match de l'EURO 2008 en Suisse.

L'heure est au sourire au lendemain du dernier match de l'EURO 2008 en Suisse. «Nous restons toutefois hôtes de cette histoire à succès jusqu'à dimanche», a dit Samuel Schmid qui s'attend à nouveau à une forte affluence dans les lieux de projection publics.

Le conseiller fédéral ainsi que le délégué du gouvernement Benedikt Weibel, le ministre zurichois de justice et police Markus Notter et le délégué du tournoi pour la Suisse Christian Mutschler ont tiré jeudi devant les médias un premier bilan national positif. Le succès de l'EURO a dépassé toutes les attentes, notamment par la participation festive du public suisse.

Selon les premières estimations, près de trois millions de personnes ont suivi les matches dans les stades ou les fanzones. Celles-ci ont accueilli 30 % de spectateurs en plus qu'en Autriche, une différence qui s'agrandit encore si on compte les autres projections publiques.

La Suisse a pu se profiler comme hôte, les transports publics ont été davantage utilisés que prévu et les incidents liés à la sécurité ont été minimes. «L'objectif d'organiser parfaitement 15 matches et de permettre une fête populaire, joyeuse, pacifique et réunissant les peuples a été atteint», a déclaré M. Weibel.

L'EURO a prouvé que «nous sommes à même, avec des structures sécuritaires modestes en comparaison des pays voisins, de maîtriser des manifestations de telle envergure», s'est réjoui M. Notter, qui préside la conférence des directeurs cantonaux de justice et police. La loi sur le hooliganisme s'est avérée à ce titre efficace et suffisante, selon lui.

«La collaboration entre la Confédération et les cantons, l'Autriche, l'UEFA, la France et l'Allemagne (pour les renforts de police) ainsi que la police et l'armée a été excellente», selon Samuel Schmid. Un bilan plus détaillé va être mené ces prochaines semaines.

Enseignements à tirer

Mais aujourd'hui déjà on peut tirer certains enseignements d'une manifestation d'une ampleur encore jamais organisée en Suisse. Si la collaboration très complexe entre les différents niveaux a valu dès le début moult explications, parfois houleuses, en matière de compétence et de coûts notamment, l'essentiel est que cela a fonctionné, a déclaré M. Notter.

Les préparatifs de cet événement ont suscité à tous les échelons une grande dynamique et beaucoup de créativité génératrice de solutions innovantes, a constaté M. Weibel. Samuel Schmid s'est félicité d'avoir pu concilier l'efficacité d'une organisation complexe et centralisée et le respect du principe constitutionnel de subsidiarité.

«Le fédéralisme policier est sorti gagnant d'une épreuve qui vaut son pesant d'or dans la perspectives des développements de la sûreté intérieure», a ajouté le Zurichois. L'expérience de l'EURO revêtira aussi une grande importance en vue du concordat intercantonal qu'il est prévu de conclure sur l'agrément des sociétés de sécurité privées, selon lui.

Il faisait notamment allusions aux rumeurs de dumping salarial et de recours à du personnel non qualifié. Mais M. Notter ne veut pas anticiper les conclusions d'une task force des syndicats.

Bon comportement des supporters

Le bilan sécuritaire est favorable à cause de la bonne organisation préventive, mais surtout aussi grâce au comportement très pacifique des supporters, ceux des équipes nationales n'étant en rien comparables avec ceux des clubs. Il suffit de voir la satisfaction des CFF qui n'ont pratiquement constaté aucun acte de vandalisme dans les trains spéciaux, a relevé Samuel Schmid.

Le nombre d'arrestation a ainsi été bien inférieur aux prévisions. On en a compté une pour 4200 visiteurs alors qu'au Mondial en Allemagne en 2006 on en avait dénombré une pour 2330. Et 90 % d'entre elles concernaient des personnes emmenées en cellules de dégrisement, le reste étant des infractions pénales usuelles.

Les criminels aussi ont apparemment regardé l'EURO, faisant baisser d'autant la délinquance. Ainsi dans le canton de Soleure par exemple, alors qu'on compte une douzaine de cambriolages par week-end, la police n'en a pas constaté un seul durant les deux week-ends de l'EURO, a indiqué M. Notter.

Des idées

Ce bilan provisoire est positif jusque sur le plan financier pour la Confédération. Le budget de 82,5 millions de francs prévu a été tenu.

Un tel succès donne des idées et de l'appétit pour organiser à nouveau des manifestations d'une telle ampleur. Une fois l'EURO analysé dans le détail, Samuel Schmid attend dès lors une discussion politique afin de savoir si la Suisse doit se profiler pour accueillir de tels événements ou plutôt organiser plus souvent des compétitions à plus faible impact.

(ats)

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