Affaire Kadhafi: La Suisse toujours en discussions avec la Libye
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Affaire KadhafiLa Suisse toujours en discussions avec la Libye

Les négociations avec la Libye dans l'affaire Kadhafi risquent de prendre du temps, a reconnu vendredi la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey devant la presse.

Elle a justifié la politique de discrétion adoptée par son département dans ce dossier.

«Nous sommes face à un partenaire qui a le temps et qui nous l'a fait savoir», a déclaré la cheffe du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) lors de la première édition du Club de la presse diplomatique à Berne.

Berne et Tripoli sont engagées depuis cet été dans des négociations pour régler le différend né de l'arrestation le 15 juillet à Genève d'un des fils du dirigeant libyen Mouamar Kadhafi. Deux employés de maison avaient porté plainte pour maltraitance contre Hannibal Kadhafi et sa femme.

Refusant d'entrer dans les détails, Mme Calmy-Rey a relevé que les discussions avec la Libye n'étaient pas terminées. Elle a expliqué qu'une commission désignée par les deux parties pour régler différentes questions liées à cette crise avait achevé ses auditions et qu'elle parlait actuellement des conclusions.

«Aucune nouvelle»

La cheffe de la diplomatie suisse a par ailleurs reconnu n'avoir «aucune nouvelle» sur le frère d'un des plaignants, de nationalité marocaine, qui a disparu après avoir été arrêté fin juillet en Libye.

En rétorsion à l'arrestation d'Hannibal Kadhafi, le régime de Tripoli a pris une série de mesures de rétorsion. Ainsi, les entreprises helvétiques ne peuvent pas exercer leurs activités librement et deux ressortissants suisses ne sont toujours pas autorisés à quitter le pays.

Le retrait de la plainte à Genève, contre un dédommagement financier, n'a pas permis de détendre la situation au plan diplomatique.

Fermeture de Guantanamo

Le Club de la presse diplomatique, qui devrait être organisé tous les deux mois, a pour but de transmettre aux médias «des informations de première main sur des thèmes de politique extérieure», selon le DFAE.

Vendredi, Mme Calmy-Rey n'a certes pas livré de «scoop» aux nombreux journalistes présents. La réunion lui a cependant permis de faire un large tour d'horizon des activités de son département, insistant sur la question des droits de l'homme.

La ministre s'est notamment réjouie de l'annonce par le président américain élu Barack Obama d'une éventuelle fermeture du centre de détention de Guantanamo, qui représente pour Berne une violation du droit international humanitaire.

Un «check-up» en fin d'année

Sur la République démocratique du Congo (RDC), confrontée à une crise humanitaire en raison des combats au Nord-Kivu, Mme Calmy-Rey n'a pas exclu qu'un crédit supplémentaire soit prochainement soumis au Conseil fédéral pour renforcer l'aide suisse.

Interrogée sur les récents ennuis de santé de ses collègues Hans- Rudolf Merz et Samuel Schmid, la ministre a assuré qu'elle se portait «très bien». Elle s'est cependant résolue à se soumettre à un «check-up» en fin d'année, a-t-elle fait savoir. (ats)

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