Actualisé 10.03.2006 à 14:53

La Suisse va manquer de médecins généralistes

La situation ne s'annonce pas meilleure dans les hôpitaux: on ne forme pas assez de médecins-assistants pour répondre aux besoins actuels.

Voilà ce que constatent les auteurs d'une étude effectuée en 2005 et publiée dans le dernier Bulletin des médecins suisses. Pas moins de 5751 médecins- assistants y ont participé.

Disgrâce

Seuls 8 % parmi eux ont indiqué qu'ils se spécialisaient dans la médecine générale. Cette proportion était encore de 8,5 % en 2004 et de 9,2 % en 2003.

La tendance n'est guère plus réjouissante dans le domaine de la psychiatrie et de la psychothérapie. La part de titulaires du titre fédéral ou d'assistants en cours de formation dans ces domaines a passé de 12,4 % en 1998 à 4,2 % en 2004.

Pour compléter le tableau de pénurie qui se profile en Suisse, la proportion des médecins-assistants qui ont passé leurs examens d'Etat à l'étranger a constamment augmenté ces dernières années. En 2003, elle se situait à 32,2 % (1692), en 2004 à 35,3 % (3436) et l'an passé à 37,3 % (3555).

Semaine de 50 heures

L'enquête montre aussi que les médecins-assistants ont nettement moins travaillé l'an dernier que les années précédentes où la moyenne se situait au-dessus de 62 heures hebdomadaires. La valeur médiane s'est située l'an passé à 52 heures.

Plus d'un médecin-assistant sur cinq estime cependant qu'il a de la peine à accomplir correctement ses tâches dans le cadre des 50 heures prescrites depuis le 1er janvier 2005. En chirurgie orthopédique, en traumatologie de l'appareil locomoteur et en anesthésiologie, près d'un tiers des assistants n'arrivent pas à respecter la nouvelle réglementation.

Cela ne pose en revanche des problèmes qu'à un asssistant sur dix en psychiatrie et en psychothérapie.

Confirmation

Trois assistants sur dix, toutes spécialisations confondues, estiment que la semaine de 50 heures a des effets négatifs sur leur postgrade. Les résultats du sondage de la FMH confirment le bilan tiré en janvier dernier par l'Association suisse des médecins- assistants et chefs de clinique (ASMAC).

La loi sur le travail est très bien appliquée dans quelques hôpitaux suisses, avait dit alors à l'ATS Barbara Gisi, juriste à l'ASMAC. «D'autres sont moins avancés ou se moquent carrément de la semaine de 50 heures de leurs médecins-assistants». (ats)

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