Justice: La Suissesse emprisonnée en Biélorussie reste en détention
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JusticeLa Suissesse emprisonnée en Biélorussie reste en détention

Nathalie Hersche est emprisonnée à Minsk, en Biélorussie. Lors de son procès en appel, elle n’a pas été libérée des accusations qui pèsent contre elle. Son frère va continuer les démarches pour la libération de sa sœur.

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Natan Keusch/jbm
La Suissesse lors de son procès en septembre dernier.

La Suissesse lors de son procès en septembre dernier.

Viasna

Depuis 150 jours, Nathalie Hersche, binationale suisse et biélorusse, purge une peine de prison de 2 ans et demi pour avoir prétendument blessé un policier lors d’une manifestation le 19 septembre dernier à Minsk. Pour son frère, Kasyam Gennady, il est clair que sa sœur est une prisonnière politique qui a été victime de la violence arbitraire du président Loukachenko.

Tous les dix jours, il reçoit une lettre dans laquelle sa parente lui décrit sa vie derrière les barreaux. «Elle va bien compte tenu des circonstances, confie-t-il. Ma sœur est optimiste.» La dernière fois que Kasyam Gennady a vu sa sœur, c’était en décembre quand il a pu lui rendre visite en prison, après une autorisation de l’État. Seuls les avocats et l’ambassadeur de Suisse sont autorisés à rendre visite régulièrement à Nathalie Hersche. Cette dernière est soutenue non seulement par sa famille, mais également par des politiciens. La semaine dernière, plus de quatre-vingts parlementaires suisses ont exigé sa libération dans une lettre ouverte au ministre biélorusse des Affaires étrangères, Vladimir Makei.

Soutiens de toutes parts

Kasyam Gennady était présent dans la salle d’audience, de même que l’ambassadeur de Suisse en Biélorussie. «La sentence est restée inchangée», a annoncé son frère qui, au moment du prononcé du jugement a lancé: «C’est une honte!» Il reste optimiste: «Ce n’est pas encore fini!» a-t-il ajouté. «La libération de Nathalie aurait été un petit miracle», déclare son compagnon de vie Robert Stäheli. La confirmation du verdict était prévisible et en même temps décevante pour lui, dit-il. Quoi qu’il en soit, il ne veut pas perdre complètement espoir et est prêt à une issue positive.

«L’ambassadeur de Biélorussie en Suisse doit partir»

L’organisation de défense des droits de l’homme Libereco continue à faire campagne pour la détenue. Lars Bünger, président de l’organisation, continue d’espérer une forte pression de la Suisse officielle sur le régime biélorusse. «Il est temps pour la Suisse d’expulser l’ambassadeur biélorusse Aliaksandr Ganevich», exige-t-il. Le Département fédéral des affaires étrangères rejette cette exigence. Le porte-parole du DFAE, Pierre-Alain Eltschinger, affirme que déclarer un diplomate «persona non grata» est une mesure très rare et très dure destinée à servir un objectif précis. «C’est précisément dans les situations difficiles et tendues que la voie diplomatique normale de communication est nécessaire entre deux pays», conclut-il.

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